«TVA sociale» : le gouvernement se décidera fin juillet

C.F. avec AFP

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Député UMP de l'Oise et maire de Chantilly, Eric Woerth, 51 ans, obtient le ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique.
Député UMP de l'Oise et maire de Chantilly, Eric Woerth, 51 ans, obtient le ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique. — AFP

Les socialistes l’ont vilipendée, mais ils peuvent lui dire merci. La «TVA sociale» a sans aucun doute modifié le rapport de force gauche-droite pendant l’entre-deux tours. Le sénateur (PS) Jean-Luc Mélenchon ne s’en est pas caché dimanche soir, qui a remercié Laurent Fabius d’avoir demandé à Jean-Louis Borloo de s’expliquer sur cette mesure le soir du premier tour sur TF1.

Borloo montré du doigt

Le ministre de l'Economie subit aujourd'hui les foudres de son parti. Renaud Dutreil, ancien ministre et élu député à Reims, a dégainé le premier dimanche, affirmant que Borloo allait «devoir s'expliquer» sur le projet de TVA sociale, «une erreur majeure de communication» qui a selon lui fait perdre «beaucoup de voix» à l'UMP.

Jean-Pierre Raffarin a tenté de calmer le jeu lundi : «Il ne doit pas y avoir de règlements de comptes pour autant, il ne faut pas remettre en question l'unité.» L'ex-Premier ministre n'en a pas moins estimé que «la TVA sociale nous a fait perdre 60 députés».

Les autres ténors de l’UMP rejettent plutôt la faute sur le Parti socialiste. Tout en reconnaissant que cette polémique avait «joué un rôle» dans les résultats des élections législatives, avec une «montée d'inquiétude entre les deux tours», Eric Woerth a accusé le PS d'avoir «monté en épingle de façon absurde» ce sujet.

Le ministre du Budget et des Comptes publics a par ailleurs indiqué que la décision sur l'éventuelle instauration de cette «TVA sociale» serait prise «à la fin du mois de juillet».

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a quant à elle dénoncé «l’hypocrisie» de la gauche dans le débat sur la TVA sociale, rappelant que idée avait été «défendue dès 2005 par Dominique Strauss-Kahn qui voulait ne rien s'interdire pour lutter contre les délocalisations».

«Caricature» du projet

L'ancien ministre Jean-François Copé a pour sa part estimé lundi que la «caricature» du projet de TVA sociale faite par le PS était «anxiogène pour les Français». Il a toutefois souligné que «c'était de bonne guerre» et que l'UMP aurait «fait pareil».

Surfant sur la vaguelette rose, le premier secrétaire du PS, François Hollande, a promis lundi «une très grande vigilance» des socialistes sur la «TVA sociale» qui a été, à ses yeux, l'un des principaux facteurs dans les résultats des législatives du second tour.