La déferlante bleue contenue par la rose

©2007 20 minutes

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Pas de vague, juste une vaguelette. Les électeurs n'ont pas accordé à Nicolas Sarkozy et à François Fillon la très large majorité parlementaire qui leur semblait promise après le premier tour des élections législatives. L'UMP disposera dans la prochaine Assemblée de 318 sièges, une quarantaine de moins qu'entre 2002 et 2007. Le Parti socialiste aura 210 députés, une soixantaine de plus que sous la précédente mandature.

? Une alerte pour le couple Sarkozy-Fillon ? Comme le souligne le directeur général d'Ipsos, Pierre Giacometti, « c'est la première fois sous la Ve République que l'on assiste à un correctif aussi net au second tour après un premier tour très favorable à la droite ». Pour expliquer ce résultat ressenti comme décevant sur le terrain, les candidats UMP ont leur explication : « L'entre-deux tours a été difficile à cause de l'affaire de la TVA sociale, confie un candidat francilien. Les gens n'ont pas compris cette mesure, ils nous l'ont fait savoir. » Une confidence délivrée sous couvert d'anonymat. Car officiellement, pas question de reconnaître la moindre déception. François Fillon a salué hier soir le « choix clair et cohérent » des Français.

? Un répit pour la gauche Pour les socialistes, c'est la divine surprise. Ils profitent de la démobilisation des électeurs UMP, MoDem et FN pour envoyer à l'Assemblée une nouvelle génération d'élus. François Hollande devrait y gagner un répit à la tête du parti. Mais pour combien de temps ? Dès hier soir, Gaëtan Gorce, proche de Ségolène Royal, a réclamé un « changement de direction » à la tête du parti et a demandé le départ de son premier secrétaire.