L’ «escroc du siècle» met en scène ses aveux

avec AFP

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Le procès de Claude Lipsky, surnommé "l'escroc du siècle", portant sur une escroquerie aux faux placements présumés de 30 millions d'euros commise au préjudice de plus de 400 militaires français, s'est ouvert lundi devant le tribunal de grande instance de Versailles.
Le procès de Claude Lipsky, surnommé "l'escroc du siècle", portant sur une escroquerie aux faux placements présumés de 30 millions d'euros commise au préjudice de plus de 400 militaires français, s'est ouvert lundi devant le tribunal de grande instance de Versailles. — Stéphane de Sakutin AFP

Claude Lipsky est passé aux aveux jeudi au tribunal de grande instance (TGI) de Versailles. Depuis l’ouverture de son procès, le 21 mai, celui que l’on surnomme l’«escroc du siècle», a toujours clamé son innocence.

Coup de théâtre

Il a choisi le dernier jour de son audience pour reconnaître qu’il a monté une arnaque aux faux placements financiers entre 1987 et 1999.
Absent de la salle d’audience pour des raisons de santé, il a laissé son jeune avocat, commis d’office, présenter ses aveux. Me Raphaël Pacouret a terminé sa plaidoirie par un théâtral : «Il (Lipsky) est au crépuscule de sa vie et reconnaît toute l’escroquerie».

30 millions d’euros de préjudice

La présidente du tribunal avait aussi son rôle à jouer dans la mise en scène de Lipsky. La magistrate a lu pour la première fois en séance une lettre que lui avait adressée l’accusé. Lipsky y indiquait qu’il avait pris conscience de la douleur qu’il a infligée, «Je ne puis que regretter les conséquences de mon action pendant la période évoquée par le tribunal». Le préjudice, subi par 430 militaires français, s’élève à 30 millions d’euros. Claude Lipsky a affirmé qu’il était prêt à indemniser les victimes.

Des complices montrés du doigt

L’avocat de Lipsky ne s’est pas contenté de présenter des aveux. Il a également mis en cause le colonel Claude Derusco et le général Pierre Haubois. Dans cette affaire, les deux militaires étaient accusés de complicité. Leurs avocats avaient jusqu’à jeudi plaidé la «stupidité» et l’ «ignorance» de leurs clients face au «génie diabolique de Lipsky».

Les parties civiles ont requis mercredi cinq ans de prison contre l’«escroc du siècle». Le TGI de Versailles rendra son jugement le 26 juillet.