«La raison n’est pas toujours du côté du plus grand nombre»

Propos recueillis par Catherine Fournier

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Le porte-parole de campagne de Ségolène Royal, Vincent Peillon, a estimé mercredi que la candidate PS "a fait la différence" lors du débat télévisé de mercredi soir, face à Nicolas Sarkozy "en permanence sur la défensive", "imprécis" voire "indécent" dans certains dossiers.
Le porte-parole de campagne de Ségolène Royal, Vincent Peillon, a estimé mercredi que la candidate PS "a fait la différence" lors du débat télévisé de mercredi soir, face à Nicolas Sarkozy "en permanence sur la défensive", "imprécis" voire "indécent" dans certains dossiers. — Franck Perry AFP/Archives
Vincent Peillon (PS), en ballottage avec 29,56% des voix contre 40,65% pour le candidat UMP sortant Jérôme Bignon dans la 3e circonscription de la Somme.
 
Vous êtes en ballottage défavorable. Comment comptez-vous mobiliser vos électeurs?

Ça va être serré, c’est sûr. Mais c’est le meilleur score que je n’ai jamais réalisé dans la Somme depuis 1997 et je compte sur le report des voix du candidat PCF, qui a quand même recueilli près de 10% des voix.
 
Comment expliquez-vous la défaite du PS au niveau national?

Il y a une certaine cohérence avec le scrutin présidentiel. Mais il ne faut pas se décourager. Les jeux ne sont pas faits. J’appelle au rassemblement de la gauche car il ne faut pas laisser une majorité aussi importante à la droite.
 
Pourquoi une telle défection des électeurs selon vous?

Les résultats du second tour de la présidentielle les ont démoralisés, ce qui fait que ce scrutin cumule un double triste record : un taux d’abstention jamais vu dans la Ve République et un potentiel nombre de députés de droite inégalé depuis 1993 (481). Si tel est le cas, ce serait une «régression historique» en termes de démocratie.
 
Mais c’est le choix des électeurs…

La raison n’est pas toujours du côté du plus grand nombre. Mais il est vrai qu’il faut reconstruire la gauche et faire des propositions, pour contrer la politique de mensonge de Nicolas Sarkozy. Le plus urgent, c’est de réagir dans la semaine qui vient. Il faut un sursaut.