Des médecins contre les franchises

avec AFP

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Le gouvernement va devoir prendre des mesures rapides de redressement des comptes de l'assurance maladie, qui devraient toucher les arrêts de travail et les taux de remboursement, après le déclenchement d'une procédure d'alerte sur un dérapage de 2 milliards d'euros.
Le gouvernement va devoir prendre des mesures rapides de redressement des comptes de l'assurance maladie, qui devraient toucher les arrêts de travail et les taux de remboursement, après le déclenchement d'une procédure d'alerte sur un dérapage de 2 milliards d'euros. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

L'association médicale de défense de la déontologie et des droits des malades (AMDDDM) a demandé «solennellement au gouvernement de renoncer à son projet de franchises» sur les remboursements de soins, dans un communiqué dimanche.

Accès aux soins réduit

Le gouvernement entend mettre en place au 1er janvier 2008 quatre franchises, non remboursées par l'assurance maladie, sur les premiers euros dépensés chaque année en examens biologiques, médicaments, consultations médicales et hospitalisations.
«Ce serait la première fois dans notre pays depuis que la Sécurité sociale existe que les malades n'auraient accès aux soins dont ils ont besoin qu'à la condition de payer», dénonce l'association, demandant.

Or les malades «qui souffrent de maladies graves (diabète, maladies cardiovasculaires, cancers etc.) ont besoin d'un suivi médical rigoureux, d'un traitement continu et d'examens complémentaires réguliers», fait valoir l'AMDDDM, qui calcule qu'un système de franchises laisserait «à leur charge de 40 à 100 euros».

Désertion des cabinets médicaux

Précisant qu'actuellement «les patients en Affection de longue durée (ALD) sont pour la plupart retraités, en arrêt de travail, ou en invalidité», et donc vivant avec des revenus «modestes», l'association prévient contre «le risque qu'ils retardent ou annulent les consultations et examens indispensables».

Pour les autres patients, en bonne santé, «que vont-ils faire lorsque va survenir un signe, un symptôme ? Nombre d'entre eux n'iront plus voir le médecin. Ils vont attendre, se tourner vers le pharmacien, recourir à l'automédication», met en garde l'AMDDDM, qui représente près de 1.000 médecins.