«La pollution touche des malades qui s’ignorent»

Recueilli par Marine Aubonnet

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D’après une étude publiée par l’association Ecologie sans frontière (ESF), la pollution à Paris est sous-évaluée. Le Pr Bruno Housset, président de la Fédération française de pneumologie revient sur le débat.
 
Est-ce que cette polémique vous préoccupe?

Pour l’instant, je ne sais pas encore si les informations publiées par ESF sont crédibles. Il est inutile de perdre du temps à comparer les mesures. Cette polémique, c’est un faux problème. Il faudrait surtout consacrer du temps à réduire les émissions de polluants.
 
En quoi la mesure de la pollution est-elle importante pour les personnes souffrant de maladies respiratoires?

En période de pic de pollution, ces malades souffrent d’une inflammation des voies respiratoires (nez, gorge, bronches, poumons…). La fréquence de leur respiration s’accélère. Il est plus difficile pour leur système respiratoire de faire face à cette demande supplémentaire. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les asthmatiques ne sont pas les seuls concernés. Les personnes souffrant de BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive) sont aussi fragilisées. Le problème, c’est que les deux tiers des personnes affectées l’ignorent.
 
Selon vous, est-ce que les Français sont suffisamment informés de ces risques ?

Non. Trop de personnes ne se sentent pas concernées. C’est pour cette raison que nous menons une campagne pour la mesure du souffle . Il est capital que la population se tienne informée. Ne serait-ce que parce que la liste des polluants évolue avec la technologie.