Metz : l'agresseur du juge mise en examen

JUSTICE Une deuxième instruction pourrait être ouverte contre la personne qui lui a fourni le couteau...

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Pour exprimer leur émotion, quelque 200 magistrats et avocats se sont rassemblés, en robe, en début d'après-midi sur le parvis du palais de Justice de Metz
Pour exprimer leur émotion, quelque 200 magistrats et avocats se sont rassemblés, en robe, en début d'après-midi sur le parvis du palais de Justice de Metz — Frederick Florin AFP

La femme de 35 ans, qui avait poignardé mardi un juge pour enfants dans son bureau à Metz, a été mise en examen jeudi pour «tentative de meurtre commise sur un magistrat dans l'exercice de ses fonctions».
    
«Cela ne veut pas dire que nous excluons la préméditation», a précisé le procureur de Metz, Joël Guitton, ajoutant que les faits retenus étaient passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.
    
Ouverture d’une deuxième information judiciaire

Une deuxième information judiciaire a par ailleurs été ouverte pour «complicité de tentative de meurtre sur la personne d'un magistrat». Cette incrimination vise une personne non identifiée qui aurait donné à la jeune femme l'arme blanche qui a servi à l'agression, un couteau avec une lame de 25 cm de long et de trois cm de large à sa base.
    
Selon le procureur, la femme, pour laquelle de premiers examens psychiatriques n'ont pas conclu à l'irresponsabilité, a clairement confirmé lors de son audition son intention de tuer le juge Jacques Noris, 62 ans. «Je voulais le crever! Si j'avais eu un flingue, je l'aurais fait», a-t-elle déclaré aux enquêteurs.
    
Une toxicomane connue pour ses problèmes psychologiques

Décrite comme ayant de «graves problèmes psychologiques», elle a porté un coup de couteau au magistrat qui venait de prolonger le placement de son fils, âgé de deux ans et demi.
    
«Elle-même pense en avoir donné plusieurs mais une seule plaie a été soignée à l'abdomen du juge Noris», par ailleurs vice-président du tribunal de grande instance (TGI) de Metz, a encore dit le procureur. La femme, connue comme prostituée et toxicomane, aurait pris de l'héroïne dans les 24 heures ayant précédé l'agression.
    
Une instruction «dépaysée» ?

L'instruction a été confiée au juge d'instruction de permanence au TGI de Metz. «Le procureur général de Metz appréciera l'opportunité de saisir la chambre criminelle de la Cour de cassation pour un éventuel dépaysement de l'affaire dans une autre juridiction», a indiqué Joël Guitton. Mercredi, on estimait vraisemblable que l'instruction puisse être ainsi dépaysée à Nancy. Tous les juges d'instruction de Metz connaissant parfaitement le magistrat qui a été agressé, une instruction à Metz pourrait être en effet critiquée comme étant partiale.