Les juges appelés à tomber la robe lundi

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La grogne monte d'un ton dans les tribunaux. Le premier syndicat de magistrats, l'USM, a lancé un appel hier après-midi : « Suite à l'odieuse agression dont a été victime notre collègue de Metz, l'USM appelle tous les magistrats à cesser le travail et à se rassembler sur les marches des palais de justice lundi 11 juin à 14 h. » Le syndicat « exige du gouvernement un plan immédiat de sécurisation des juridictions », et précise qu'il réclame « au moins un portique de sécurité dans chaque juridiction et le recrutement du personnel nécessaire à son utilisation ». Il a aussi appelé de nouveau « les magistrats à exercer leur droit de retrait lorsqu'ils estimeront que leur sécurité n'est pas assurée ».

Interrogé le matin sur RTL, le Premier ministre, François Fillon, a admis qu'il n'y avait « pas assez de moyens pour protéger les magistrats ». « Nous allons mettre ces moyens », a-t-il promis, ajoutant que la garde des Sceaux, Rachida Dati, « a un mois pour présenter un plan pour améliorer la sécurité des tribunaux ».

La polémique est née après l'agression, mardi, de Jacques Noris, vice-président du TGI de Metz. II a été grièvement blessé lors d'une audience à son bureau de trois coups de couteau au ventre par la mère d'un enfant de 3 ans, dont il venait de prolonger le placement en foyer. Le magistrat était considéré hier comme « hors de danger » à l'hôpital Bon Secours de Metz, où il a été opéré d'urgence à l'abdomen. La garde à vue de la mère de 34 ans, décrite comme une femme ayant de « graves problèmes psychologiques », a été prolongée hier de 24 heures.