Sarkozy prêt à envisager une «dose minoritaire de proportionnelle»

20minutes.fr

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Aussi motivé que pour la présidentielle. Nicolas Sarkozy engage sa majorité «à se battre jusqu'à la dernière minute» pour les élections législatives. Dans une interview au «Figaro» à paraître jeudi, le chef de l'Etat affirme, à propos des scrutins des 10 et 17 juin: «Rien n'est gagné. Rien n'est joué. L'heure n'est certes pas à la répartition de postes qui ne sont pas encore conquis».

Une dose de proportionnelle

Le Président semble lui-même en campagne, annonçant qu’il se dit prêt à discuter de l'introduction d'une «dose minoritaire» de proportionnelle pour les législatives, «si un consensus se dégage» parmi les formations politiques qu'il promet de consulter après les législatives. De quoi séduire le Front national, inclus dans cette consultation. «Au nom de quoi l'écarterais-je, dès lors qu'il a des élus?», demande Nicolas Sarkozy.

Sur la question de l’ouverture, le Président a assuré que l'engagement de réserver la présidence de la commission des Finances à l'opposition sera «tenu dès le lendemain des élections législatives» et que «si l'opportunité se présente, je proposerai à d'autres personnalités de gauche et du centre de nous rejoindre».

Nicolas Sarkozy a par ailleurs répliqué à la gauche qui l'accuse de vouloir concentrer tous les pouvoirs, en détaillant les collectivités qu'elle gère et en affirmant se battre pour avoir une majorité qui l'aide dans son mandat. «Tous les pouvoirs, cela ne les gênait pas quand c'était pour la gauche!», lance-t-il, faisant allusion à la victoire de François Mitterrand.

Pas de dénouement rapide pour Betancourt

Sur le plan budgétaire, Nicolas Sarkozy assure que la France «respectera» ses «engagements européens en matière de maîtrise des dépenses publiques». Les partenaires européens de la France se sont inquiétés des risques de dérive du déficit public français, au vu des premières mesures fiscales annoncées par Paris. Le chef de l’Etat annonce vouloir «faire passer» durant la session extraordinaire du Parlement «un texte économique et financier très fort qui montrera la cohérence de la politique» du nouvel exécutif.

Concernant la libération d’Ingrid Betancourt, enfin, Nicolas Sarkozy affirme qu'il n'a «pas à ce jour» d'espoir de dénouement rapide du dossier, soulignant que ce qui a été fait «était nécessaire mais pas suffisant».