Le double meurtre de Montigny pourrait rester un mystère

20minutes.fr

— 

Les parties civiles dans le double meurtre de Montigny-lès-Metz (Moselle) vont réclamer un non-lieu pour Francis Heaulme que des analyses semblaient disculper mardi pour tenter d'obtenir un nouveau procès de Patrick Dils, acquitté il y a cinq ans dans cette affaire.
Les parties civiles dans le double meurtre de Montigny-lès-Metz (Moselle) vont réclamer un non-lieu pour Francis Heaulme que des analyses semblaient disculper mardi pour tenter d'obtenir un nouveau procès de Patrick Dils, acquitté il y a cinq ans dans cette affaire. — Jean-Christophe Verhaegen AFP/Archives

L'enquête sur le double meurtre de Montigny-les-Metz (Moselle), jadis imputé à Patrick Dils, a fait un nouveau pas vers un non-lieu avec la notification à Metz, par le juge Thierry Monfort, de la fin de l'instruction, apprend-on de source proche du dossier.

Tués à coups de pierre

Ni l'avocat du tueur en série Francis Heaulme, mis en examen dans cette affaire, ni ceux des parties civiles, qui ne croient pas en sa culpabilité, ne devraient demander d'actes complémentaires et le parquet pourra alors prendre ses réquisitions.

Si elles sont conformes aux intentions du juge Montfort telles qu'il les avait exprimées dans la presse en avril, elles devraient aller dans le sens d'un non-lieu. La mort des deux garçons de huit ans tués à coups de pierre sur une voie ferrée en 1986 pourrait rester un mystère.

«Nous ne demanderons pas d'acte complémentaire», a expliqué Dominique Rondu, avocat de la famille d'Alexandre Beckrich, l'une des petites victimes. «J'attends que l'ordonnance de non-lieu soit rendue pour engager les démarches afin d'obtenir de l'Assemblée nationale qu'un texte soit voté sur le droit pour les victimes de demander la révision d'un procès pénal», a-t-il ajouté.

La famille Bekrich croit à la culpabilité de Patrick Dils qui, âgé de 16 ans à l'époque des faits, avait été condamné à la réclusion à perpétuité pour ces deux crimes avant d'être innocenté en 2002, après quinze ans de prison, lors d'un procès en révision à Lyon.

«Quasi-signature criminelle» de Heaulme

Cette révision avait été obtenue sur la base d'une nouvelle enquête de gendarmerie qui estimait que l'affaire portait «la quasi-signature criminelle» de Francis Heaulme, dont la présence, à l'époque, près des lieux du crime, était attestée.

En dépit d'indices concordants, aucune preuve formelle et aucun aveu déjà condamné à sept reprises, dont deux fois à perpétuité pour des meurtres.