«L’IVG est rentrée dans les mœurs»

Propos recueillis par Marine Aubonnet

— 

Les Français sont à la fois les plus gros consommateurs de moyens de contraception et… d’IVG. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes)  et BVA. Le docteur Belaiche, membre du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof) , commente les conclusions de cette enquête.


Est-ce que les résultats de cette étude vous surprennent?
Non. L’avortement est rentré dans les mœurs. Aujourd’hui, c’est devenu facile de réaliser une IVG. Les cabinets médicaux adressent les patientes aux médecins qui la pratiquent et tout va très vite. Mais, les femmes qui ne sont jamais passées par là ne se rendent pas compte combien c’est éprouvant.

Comment en est-on arrivé là?
Les Français font preuve d’une certaine négligence. Aujourd’hui, les gens se marient moins et semblent donc moins responsables. Les hommes surtout. J’observe aussi que les Françaises manquent souvent d’information. Beaucoup d’entre elles ne sont pas suivies par des gynécologues. Elles préfèrent demander à leurs généralistes de leur prescrire la pilule. Ces médecins ne sont pas les mieux placer pour les informer.


Pourquoi les nouvelles méthodes de contraception sont-elles si peu utilisées?
Car elles sont encore très récentes donc peu connues. Les patchs et l’anneau sont chers comparés à la pilule qui est souvent remboursée. Quand je prescris un contraceptif, je suis obligé tenir compte la situation financière de mes patientes.