«Filtrer les entrées, respecter les magistrats»

JUSTICE Dominique Barella est l'ex-président de l'Union syndicale des magistrats. Il réagit à l'agression de Metz...

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Dominique Barella est l'ex-président de l'Union syndicale des magistrats et conseiller de Ségolène Royal. Il réagit à l'agression du magistrat de Metz. Mardi matin, Jacques Noris, vice-pésident du tribunal a été poignardé par une mère de 34 ans...

Etes-vous déjà entré dans un tribunal avec un couteau, comme vous aviez l'intention de le faire pour dénoncer la perméabilité de ces lieux?
Je ne l'ai pas fait, mais vous pouvez tester vous-même. N'importe qui peut entrer dans la plupart des tribunaux français avec une arme, il n'y a aucun contrôle. Et souvent, de nombreuses portes permettent de contourner l'entrée principale. Seuls les palais de justice importants disposent de portiques et d'une entrée surveillée. D'autre part, des audiences très sensibles comme celles qui concernent les affaires familiales ne disposent jamais de présence policière.

Que préconisez-vous?
L'exemple des Pays-Bas me paraît bon. Les tribunaux y sont dotés de portiques, et des policiers sont présents dans toutes les salles d'audience. D'autre part, là-bas, vous ne verrez jamais une audience à minuit et des magistrats ensevelis sous les dossiers, ne pouvant pas accorder suffisamment de temps aux justiciables. Du coup, le climat est apaisé, les tribunaux ne ressemblent pas aux capharnaüms que l'on connaît en France.

On ne peut pas mettre un policier dans chaque bureau de magistrat...
Non, mais on peut filtrer les entrées et arrêter de stigmatiser les magistrats. A cet égard, les déclarations de Nicolas Sarkozy sur la responsabilité des juges quand il était ministre de l'Intérieur sont lourdes de conséquences. Ce genre de discours déverrouille psychologiquement certaines personnes et peut aboutir à des agressions.