Un juge poignardé dans son bureau

FAIT DIVERS Un magistrat a été grièvement blessé à coups de couteau mardi matin dans son cabinet du tribunal de Metz. La coupable est une mère de 34 ans...

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L'agression de trop. Un magistrat a été grièvement blessé à coups de couteau hier matin dans son cabinet du tribunal de Metz. La coupable est une mère de 34 ans.

Selon les témoins, elle serait devenue «folle furieuse» en apprenant que son enfant de 2 ans et demi resterait placé chez ses grands-parents paternels. Lors de l'audience, à laquelle participaient les grands-parents et les conseils des parties, la jeune femme a aussi lancé une chaise au visage d'un avocat, avant d'être maîtrisée par des policiers présents dans le palais de justice.

Placée en garde à vue, elle sera poursuivie pour «violence avec armes sur un magistrat». Après son geste, elle est apparue prostrée, incapable de s'expliquer.

Frappé trois fois

Jacques Noris, 62 ans, vice-président du tribunal, a été frappé à trois reprises par une lame d'une vingtaine de centimètres. Il a été évacué vers l'hôpital Bon-Secours de Metz. Aucun organe vital n'a été touché, a indiqué la préfecture de Moselle.

Pourtant, selon le délégué local de l'Union syndicale des magistrats (USM), Guerric Hénon, «Jacques Noris a perdu connaissance. Il est entre la vie et la mort.»

Des magistrats bouleversés

Très émus, deux cents magistrats, avocats et employés se sont rassemblés sur le parvis du palais de justice pour dénoncer l'insécurité qui règne dans les juridictions, ce drame survenant après d'autres affaires graves. Guerric Hénon s'est indigné qu'«un justiciable ait pu introduire une arme, non seulement dans l'enceinte du tribunal, mais dans le cabinet d'un juge». La direction de l'USM, majoritaire dans la profession, a réclamé des mesures de sécurité et menacé d'«appeler les magistrats à exercer leur droit de retrait».

Rachida Dati à Metz

Nicolas Sarkozy, peu populaire dans les tribunaux depuis ses déclarations sur la responsabilité des juges lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, s'est employé à les rassurer. Il a réclamé à la ministre de la Justice de plancher sur des mesures pour améliorer la «sécurité des juridictions». Rachida Dati a bousculé son agenda pour se rendre à Metz dans l'après-midi, où elle s'est engagée à rendre « les conclusions d'un plan de sécurisation des enceintes judiciaires » dans un mois.