Les candidats frontistes vont devoir ramasser les miettes

Arnaud Sagnard

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Connus ou non, les candidats du parti d'extrême droite risqueront leur va-tout dimanche. Pour eux, l'objectif est d'être présents dans le plus grand nombre de triangulaires possible.

· Marine Le Pen joue gros Le nouveau visage du FN n'a pas réussi à dédiaboliser le parti. Au contraire, depuis 2002, il aligne les mauvais résultats. Elle est donc attendue au tournant dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais, où elle veut s'appuyer sur le bon score de son père à la présidentielle et sur un hold-up local : Daniel Janssens, ancien du PS, dirige son comité de soutien. Si la vice-présidente du FN ne semble pas pouvoir prétendre à la victoire, elle pourrait viser une implantation locale en vue des municipales 2008.

· Durbec veut nuire à l'UMP A Marseille comme ailleurs, les candidats vivent et meurent au gré des triangulaires. Dans la 8e circonscription, tenue par une lignée de parlementaires de gauche, la famille Masse, le FN peut nuire à la majorité. Le candidat du Front, Stéphane Durbec, compte être le principal adversaire du favori socialiste : « J'ai un avantage par rapport à Valérie Boyer, la candidate UMP. Ça fait vingt ans que je suis sarkozyste. » Il bénéficie du fait que la droite locale a envoyé un nouveau visage dans ce quartier populaire.

· Gollnisch aura du mal Dans la 13e circonscription du Rhône, où se présente à nouveau Bruno Gollnisch, le numéro deux du parti, le score de Jean-Marie Le Pen a été divisé par deux entre les présidentielles de 2002 et 2007. Lors des législatives de 2002, Gollnisch avait récolté près d'un quart des suffrages, imposant au second tour une triangulaire dont est sortie vainqueur Martine David (PS), députée depuis 1988. Cette fois-ci, il aura du mal à jouer les arbitres. La vague Sarkozy, arrivée en tête avec 59 % dans ce bastion de gauche, a regonflé l'UMP, qui a longtemps abandonné ce territoire. Philippe Meunier espère y rafler la mise, malgré une candidature dissidente.