Le FN a peu d'espoir de relever le front

LEGISLATIVE Après la déroute de la présidentielle, le Front national veut sauver les meubles...

Arnaud Sagnard

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"C'est nous qui avons raison et tôt ou tard le pays le reconnaîtra", a-t-il martelé, en appelant à la mobilisation pour les législatives, dont il "animera personnellement" la campagne.
"C'est nous qui avons raison et tôt ou tard le pays le reconnaîtra", a-t-il martelé, en appelant à la mobilisation pour les législatives, dont il "animera personnellement" la campagne. — Martin Bureau AFP

Après la déroute de la présidentielle, le Front national veut sauver les meubles. Mais vu le mode de scrutin et sa faiblesse actuelle, il ne peut quasiment pas espérer de sièges, malgré ses 557 candidats. Pour le FN, l'enjeu est désormais la manne financière octroyée aux partis selon le nombre de voix obtenues et non selon le nombre d'élus. Elle représente plus de la moitié de son budget.

Test politique

Les législatives constituent aussi un test politique d'importance pour l'extrême droite. Il s'agit de savoir si le Front continue sa chute électorale. Avec 15 % des voix en 1997, il était présent dans soixante-seize triangulaires, contribuant à la défaite de la droite. Cinq ans plus tard, il atteignait 11 % de voix et n'était plus présent que dans 37 triangulaires au second tour.

Guerre de succession relancée

Il faut désormais ajouter un nouvel obstacle de taille: son électorat a été siphonné par Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle. En mobilisant les électeurs contre l'immigration et pour la défense de l'identité nationale, l'UMP a fait perdre des centaines de milliers de voix au FN. Afin de remobiliser les troupes, Jean-Marie Le Pen réalise une tournée dans vingt régions. Sa campagne est axée sur la dénonciation du gouvernement d'ouverture de Sarkozy et de sa défense de l'Europe. En cas de mauvais score frontiste, la guerre de succession serait relancée. Avec comme bouc émissaire, non plus Marine Le Pen, tenue responsable de l'échec de la présidentielle, mais son concurrent Bruno Gollnisch, à la tête de la campagne des législatives. Bruno Mégret, qui s'est rapproché du parti, redemanderait alors un «Epinay de la droite nationale» afin de se rapprocher de la droite parlementaire.

Sondage
Selon la 14e vague du baromètre quotidien Ipsos-Dell-SFR- Le Point, l'UMP recueillerait au premier tour 42,5 % d'intentions de vote (- 0,5 point) et le PS-PRG-MRC 29 % (=).
Les candidats du MoDem obtiendraient 9 % (+ 1), ceux du Front national 5,5 % (+ 0,5), ceux des Verts 3,5 % (- 0,5), ceux du PCF 3,5 % (=) et ceux de l'extrême gauche 2,5 % (=). Près de 15 % des personnes certaines d'aller voter n'ont pas exprimé d'intention de vote.