La réforme des régimes spéciaux aura lieu en 2008

avec AFP

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Le projet gouvernemental controversé d'exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires, concrétisation du slogan de Nicolas Sarkozy "travailler plus pour gagner plus", prend corps, le gouvernement achevant ses consultations avec les partenaires sociaux.
Le projet gouvernemental controversé d'exonération fiscale et sociale des heures supplémentaires, concrétisation du slogan de Nicolas Sarkozy "travailler plus pour gagner plus", prend corps, le gouvernement achevant ses consultations avec les partenaires sociaux. — Philippe Huguen AFP

Le Premier ministre François Fillon a réaffirmé mercredi sur RTL que «la réforme des régimes spéciaux aura lieu en 2008».
«On a déjà harmonisé la durée de cotisation entre le public et le privé, c'est la loi votée en 2003. Il y a encore un certain nombre d'injustices qui existent, la plus criante étant celle des régimes spéciaux», a-t-il expliqué.
«Nous avons dit que nous engagerions la réforme des régimes spéciaux en 2008, au moment où est prévu le réexamen de la réforme de 2003, donc la réforme des régimes spéciaux est pour 2008», a-t-il martelé. «La France ne pourra pas supporter longtemps qu'il y ait autant d'inégalités dans les régimes de retraite».

La sécurité en question

Interrogé sur le rapport de l'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes) faisant état d’un fossé entre la police et la population en Seine-Saint-Denis, le Premier ministre a souligné qu'en matière de sécurité «il faut ne jamais reculer d'un millimètre» et que la police de proximité est «une solution sans avenir».

Selon lui, «il faut sans doute renforcer les moyens mais il faut aussi que tout le monde joue le jeu».
«Pour que la sécurité règne en Seine-Saint-Denis, il faut que les délinquants soient arrêtés, il faut que la justice soit sévère. La violence, cela ne s'éradique pas comme cela. Il faut ne jamais reculer d'un millimètre», a-t-il martelé.

Le FN non grata

Interrogé sur l'entrée de personnalités du Front national dans son gouvernement, après les élections législatives, François Fillon a exlu cette idée.«Il n'y aura pas de membres du Front national dans un gouvernement dont j'aurais la responsabilité», a-t-il assuré.
«Nicolas Sarkozy n'a pas repris les idées du Front national» pendant la campagne présidentielle, «il a défendu les valeurs qui sont celles de la droite et du centre, il n'a jamais franchi la limite qui nous sépare de l'extrême-droite», a déclaré François Fillon.

Les entreprises sous pression


«On va libérer l'entreprise de beaucoup de contraintes, mais en même temps on sera intraitable sur un certain nombre de sujets (...) il y aura une pression qui va être mise sur les entreprises pour qu'elles gardent les salariés jusqu'à l'âge de la retraite», a affirmé le Premier ministre, mercredi sur RTL.
Cette déclaration fait suite à l’annonce du Crédit Lyonnais (LCL), vendredi, un plan de 3.519 départs «volontaires» d'ici 2010, ciblant en particulier les plus de 57 ans.
«Pour l'entreprise, le choix est très simple : c'est soit l'augmentation des cotisations retraite, soit il faut garder les salariés jusqu'à l'âge de la retraite», a-t-il insisté.

Les régimes spéciaux de retraite concernent les salariés d'entreprises publiques, en particulier la RATP, EDF-GDF et la SNCF (au total, 500.000 actifs et 1,1 million de retraités) qui ont des droits généralement supérieurs à ceux des autres salariés et des fonctionnaires, et ce pour des raisons à la fois historiques et de pénibilité des tâches.
A l'automne 1995, la tentative d'Alain Juppé de réformer ces systèmes s'était soldée par de longues grèves qui avaient paralysé la France.