Arbitrage: Bernard Tapie fait condamner Le Point en diffamation

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Bernard Tapie à Marseille, le 15 novembre 2013
Bernard Tapie à Marseille, le 15 novembre 2013 — Boris Horvat AFP

L'homme d'affaires Bernard Tapie a fait condamner mardi en diffamation Le Point pour un article paru le 21 février 2013, relatif à l'affaire de l'arbitrage qui mettait un terme à son litige avec le Crédit lyonnais sur la revente d'Adidas.

Bernard Tapie avait porté plainte, estimant que cet article lui prêtait d'avoir entravé le cours de la justice et eu un compte offshore.

L'hebdomadaire affirmait que lors d'une perquisition chez son avocat, Me Maurice Lantourne, Bernard Tapie aurait téléphoné à un tiers pour lui demander de récupérer au plus vite des documents, version contestée par l'homme d'affaires.

Les juges de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris ont estimé que le contenu de cet appel «n'est nullement établi».

Par ailleurs, Le Point affirmait que Jean Bruneau, président de la défunte association des petits porteurs, allié initial de Bernard Tapie, se serait révolté contre la procédure d'arbitrage, et aurait été rémunéré par Bernard Tapie avec des fonds provenant d'un compte offshore.

Pour les juges, «s'il est établi que Jean Bruneau a bien reçu une somme importante de la part de GBT (Groupe Bernard Tapie, NDLR), la volonté de dissimuler ce paiement destiné à acheter le silence de son récipiendaire n'est en revanche nullement démontré».

En conséquence, le tribunal a condamné le directeur de la publication du Point, Franz-Olivier Giesbert et quatre journalistes à une même peine d'amende de 800 euros.

Ils devront en outre solidairement verser 3.000 euros de dommages et intérêts à Bernard Tapie.

«Il est déjà regrettable que la présomption d'innocence dans ce dossier soit sans cesse bafouée, mais il est inacceptable que des accusations aussi fantaisistes puissent être portées sous couvert de sources anonymes prétendument fiables», a commenté l'avocate de Bernard Tapie, Julia Minkowski.

L'enquête sur cet arbitrage, qui a accordé 403 millions d'euros à l'homme d'affaire, a donné lieu à plusieurs mises en examen, dont Bernard Tapie.