Le jeu du foulard pas assez pris au sérieux

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Le jeu du foulard, une conduite à risque qui tue chaque année en France entre dix et quinze enfants âgés de 7 à 18 ans. L'Association de parents d'enfants accidentés par strangulation (Apeas)* organisait hier à Paris une grande opération de sensibilisation sur le jeu du foulard, une technique de strangulation utilisée par de nombreux jeunes en vue de se « dépasser ». Cette réunion a été l'occasion de révéler les résultats de la première étude (Ipsos) jamais réalisée en France sur la question, qui prouve que cette pratique reste assez méconnue dans le pays.

Seulement 63 % des personnes interrogées estiment avoir une idée très précise du « jeu du foulard ». Plus intéressant encore, pas moins de 4 % des Français avouent s'être déjà adonnés à ce jeu, ce qui, à l'échelle nationale, représenterait près d'un million et demi de personnes. Enfin, 9 % d'entre eux déclarent avoir été témoins de ce genre de pratique au cours de leur vie, à une ou plusieurs reprises.

Les motivations, quant à elles, sont clairement identifiables : « Au départ, on fait ça pour s'intégrer dans un groupe », explique le psychiatre Jean-Claude Fischer. On veut faire comme les autres. Et en plus, ça a un côté mystérieux. » Au final, certains jeunes font de ce jeu une pratique régulière, voire addictive, en allant jusqu'à l'expérimenter plusieurs fois par jour. Ces jeunes expliquent que cela leur apporte un sentiment de bien-être, qu'ils ont l'impression de « planer ». Et la plupart d'entre eux n'ont absolument aucune conscience des dangers qu'ils encourent, à savoir, entre autres, l'arrêt cardiaque.

Même constat du côté des parents, qui peinent à imaginer que leur propre enfant puisse avoir une telle conduite. Parmi ceux qui ont déjà entendu parler de ce jeu, seuls 6 % estiment que leur enfant a déjà fait cette expérience. Reste qu'il est indispensable d'en parler en famille, afin que les enfants comprennent que ce qu'ils prennent comme un jeu inoffensif peut, en réalité, les conduire à la mort.