«Une nouveauté, mais pas une révolution»

INTERVIEW Guy-Marie Cousin, gynécologue et président du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France...

Recueilli par F. G.

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Guy-Marie Cousin, gynécologue et président du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France...

La nouvelle pilule Lybrel aura-t-elle des effets secondaires gênants?

Pas plus qu'une autre. Nous ignorons encore les détails de l'étude américaine, il faut attendre qu'elle arrive sur le marché européen. Mais a priori, les effets secondaires seront les mêmes que pour une pilule normale. Le seul inconvénient viendra sûrement de petits saignements qui pourront survenir à tout moment. Pour certains, ça peut constituer un sérieux désagrément car on ne peut pas du tout les prévoir.

Pensez-vous que comme aux Etats-Unis cette pilule soulevera des questions d'ordre éthique?

Je ne pense pas. Mais pour d'autres raisons je ne suis pas sûr que beaucoup de Françaises adhèrent à cette pratique. Pour beaucoup de femmes, le fait d'être «réglée» est rassurant, parce que ça leur prouve qu'elles sont en bonne santé, que leur corps fonctionne bien. C'est également rassurant au niveau de la contraception: on a ses règles, ce qui prouve que la contraception fonctionne. Un cycle menstruel normal est perçu par beaucoup de femmes comme la norme rassurante. Enfin, avoir ses règles est souvent associé aux notions de fertilité, de maternité.

Quels types de femmes vont donc aller vers ce type de contraception?

Les femmes qui travaillent beaucoup, les sportives... Celles aussi qui ont des règles importantes, pour des raisons médicales ou non. Des saignements importants peuvent parfois considérablement perturber la vie sociale. C'est douloureux, fatiguant ou encore gênant pour certaines femmes. Dans ces cas-là, ça va être un plus. Mais il existait déjà des moyens pour ces femmes d'interrompre leurs règles, comme la pilule en continue. On va donc assister à une nouveauté, mais pas à une révolution non plus.