Fraude fiscale: le marchand d'art Guy Wildenstein renvoyé en correctionnelle

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Le collectionneur Guy Wildenstein le 4 juillet 2006 lors de l'inauguration à Paris d'une statue de Thomas Jefferson, 3e président des Etats-Unis, le 4 juillet 2006
Le collectionneur Guy Wildenstein le 4 juillet 2006 lors de l'inauguration à Paris d'une statue de Thomas Jefferson, 3e président des Etats-Unis, le 4 juillet 2006 — Jacques Demarthon AFP

Le marchand d'art Guy Wildenstein a été renvoyé, en correctionnelle, soupçonné d'avoir dissimulé au fisc une partie de la colossale succession de son père Daniel, décédé en 2001, ont annoncé jeudi des sources judiciaire et proches du dossier à l'AFP.

Il sera jugé pour fraude fiscale et blanchiment aggravé. Sa belle-soeur, Liouba, comparaîtra pour complicité de blanchiment aggravé et son neveu Alec Junior pour fraude fiscale, a précisé la source judiciaire.

Deux trusts installés dans des paradis fiscaux, la Royal Bank of Canada Trust Company (Bahamas) et la Northern Trust Fiduciary Services (Guernesey), comparaîtront également pour leur participation à l'élaboration de la fraude fiscale présumée, tout comme trois conseillers de la famille, deux notaires et un avocat suisse.

La fortune des Wildenstein, marchands d'art mondialement connus, est estimée à plusieurs milliards d'euros, composée en grande partie d'oeuvres d'art, notamment des toiles de maître, et de biens immobiliers, comme un ilôt aux Iles Vierges ou une immense propriété au Kenya où a été tourné le film «Out of Africa».

Selon une des sources, les enquêteurs considèrent Guy Wildenstein, qui réside aux Etats-Unis, comme «l'argentier» de la famille.

Née d'un conflit familial, l'affaire avait connu à ses débuts un retentissement politique, Guy Wildenstein ayant été membre du Premier cercle, le groupe des riches donateurs de l'UMP.

Décoré en 2009 de la Légion d'Honneur par Nicolas Sarkozy, il a été le représentant UMP de la circonscription de Washington au sein de l'Assemblée des Français de l'étranger.