Début de l’audition du général Rondot

Sa. C. avec AFP

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Au centre de l'affaire Clearstream, des listings comptables de l'institution financière luxembourgeoise. Envoyés anonymement en 2004 au juge Renaud van Ruymbeke, des noms de dizaines de personnalités industrielles et politiques y figurent, dont celui de Nicolas Sarkozy. C'est le témoignage du général Philippe Rondot en mars 2006, publié ensuite par Le Monde, qui met le feu aux poudres.
Au centre de l'affaire Clearstream, des listings comptables de l'institution financière luxembourgeoise. Envoyés anonymement en 2004 au juge Renaud van Ruymbeke, des noms de dizaines de personnalités industrielles et politiques y figurent, dont celui de Nicolas Sarkozy. C'est le témoignage du général Philippe Rondot en mars 2006, publié ensuite par Le Monde, qui met le feu aux poudres. — Thomas Coex AFP/Archives

Le général Philippe Rondot rattrapé par l’affaire Clearstream. Plus d’un an après sa première audition par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons, chargés de l'affaire, il est de nouveau entendu depuis 10h lundi matin, au pôle financier du TGI de Paris. Le militaire, ancien conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales (CROS) de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, bénéficie du statut de témoin assisté. Lors de cette seconde audition, il pourrait revenir sur ses déclarations de mars 2006.

Première audition


Au cours de sa première audition comme simple témoin, le 28 mars 2006, il avait indiqué aux magistrats avoir été chargé par Dominique de Villepin, alors Premier ministre, d'enquêter sur des comptes apparaissant sur des listings de l'institution financière luxembourgeoise Clearstream. (voir chronologie)

Ces listings, en réalité des faux, comportaient des noms de personnalités, notamment celui de Nicolas Sarkozy, qui s'est porté partie civile en janvier 2006. Plus tard, le militaire avait fait machine arrière dans la presse affirmant que Villepin ne lui avait jamais demandé «d'enquêter» sur son rival.

Convoqué devant les juges le 22 mai 2006, il avait refusé de se rendre devant les magistrats et avait été conduit de force dans leurs bureaux après réquisitions du parquet. Interrogé, il avait refusé de répondre aux juges d'Huy et Pons, se bornant à réclamer le statut de témoin assisté.

Dossier complexe

Plus d’un an après la médiatisation de l’affaire, l’enquête piétine. Si quatre personnes sont aujourd'hui poursuivies dans ce dossier, on ne sait toujours pas qui a falsifié les documents et s'il y a eu un commanditaire.

Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d'EADS qui a envoyé les listings truqués à la justice et Imad Lahoud, ex-directeur scientifique d'EADS suspecté d'être le falsificateur, ce qu'il nie, ont été mis en examen en juin 2006. Un ex-auditeur d'Arthur Andersen, Florian Bourges, et le journaliste Denis Robert, l'un des premiers à s'être intéressé à l'affaire, l'ont été en décembre.