Les victimes de l'« Erika » réclament des millions

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« Voici venir le temps des victimes. » Les parties civiles ont entamé hier leurs plaidoiries au procès du naufrage du pétrolier Erika, alignant les demandes de millions d'euros de dommages-intérêts.

Pour cette marée noire survenue en décembre 1999 sur les côtes atlantiques, la justice française a retenu quinze prévenus : l'affréteur Total et ses filiales, l'armateur du bateau, le gestionnaire, le capitaine, des membres des secours, et la société de classification, seule habilitée à délivrer les certificats de navigabilité.

Alexandre Varaut, avocat de la Vendée et d'une trentaine de communes sinistrées, s'est attaché à démontrer « la responsabilité de Total ». Jusqu'à présent, le géant pétrolier réfute toute implication, rejetant la sécurité de l'Erika sur la société de classification. Le défenseur a demandé dix millions d'euros pour la Vendée au titre de « dommage écologique », notion encore inconnue dans le droit français. Son confrère Xavier Delplanque a fait de même au nom du Morbihan. Les deux avocats ont dénoncé le monde du transport maritime international et son « brouillard de normes ». Les plaidoiries continuent aujourd'hui.

dommages La Vendée et le Morbihan réclament également deux millions d'euros pour préjudice moral. Parmi les dommages économiques fréquemment cités figure la baisse de la fréquentation touristique dans les zones côtières touchées.