Phinéas, autopsie d'un raciste

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La haine raciste en

héritage ? Hier, au premier jour du procès de Mickaël Tronchon, - jugé pour la tentative de meurtre à la hâche de deux maghrébins et la profanation du cimetière juif de Lyon en août 2004 -, la cour d'Assises du Rhône a tenté de percer les motivations de celui qui revendiquait ses actes sous le nom du groupuscule néo-nazi Phinéas.

Ce jeune homme au visage ém­acié a raconté une jeunesse marquée par la violence d'une mère alcoolique, morte dans un incendie quand il avait 15 ans. « Un jour elle m'a mis des claques parce que j'avais joué avec un arabe au toboggan. Elle disait qu'on était envahis », se souvient-il à la barre. Dans les foyers où il a été placé, dans l'Ain, ses éducateurs n'ont cependant jamais noté de comportement raciste. Selon Michaël Tron­chon, sa haine des arabes naît à Lyon, quand il arrive dans un foyer à 16 ans pour suivre une formation d'imprimeur. « Ils me rackettaient, me traitaient de sale français, j'ai dû me battre », dit-il. Puis, elle aurait grandi après les attentats du 11 septembre 2001. « Je pensais que les arabes étaient tous comme ces mecs, les islamistes. »

Il veut alors « faire justice lui-même ». Employé dans une imprimerie, il imagine devant sa machine « comment tuer des gens ». « A force de fantasmer, on finit par le faire. » Le 5 août 2004 au matin, à Villeurbanne, il attaque sauvagement à la hâche un maghrébin de 36 ans en pleine rue avant de revendiquer

son acte à la police.