Indonésie:l'ultime recours d'un Français condamné à mort a été rejeté, son avocat est «effondré»

PRISON La Cour suprême d'Indonésie a rejeté l'ultime recours d'un Français condamné à mort pour trafic de drogue, qui demandait un procès en révision, a déclaré mardi à l'AFP l'un des trois juges qui a participé à la prise de décision.

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Serge Atlaoui et son avocate Nancy Yuliana au tribunal le 1er avril 2015 à Tangerand près Jakarta
Serge Atlaoui et son avocate Nancy Yuliana au tribunal le 1er avril 2015 à Tangerand près Jakarta — ROMEO GACAD AFP

La Cour suprême d'Indonésie a rejeté l'ultime recours d'un Français condamné à mort pour trafic de drogue, qui demandait un procès en révision, a déclaré mardi à l'AFP l'un des trois juges qui a participé à la prise de décision.

«Une formation collégiale de trois juges a rejeté un recours en révision du Français Serge Atlaoui dans le couloir de la mort pour drogue», a précisé le juge Suhadi, qui n'a qu'un patronyme comme nombre d'Indonésiens. «Il n'y a pas de nouveaux éléments, et les raisons avancées dans le recours ne peuvent pas effacer le crime commis par le condamné», a-t-il ajouté.

Son avocat est «effondré»

«Je suis consterné, effondré», a déclaré Me Richard Sédillot, l'avocat de Serge Atlaoui, interrogé par Leparisien.fr. «C'est absolument incompréhensible qu'on envoie à la mort un innocent. Aucune preuve n'a jamais été rapportée contre monsieur Atlaoui (...) je suis tellement effondré que je ne trouve pas mes mots», a-t-il poursuivi.


Marié et père de quatre enfants, Serge Atlaoui avait été arrêté en 2005 dans un laboratoire clandestin de production d'ecstasy près de Jakarta et condamné deux ans plus tard à la peine capitale.

Cet artisan soudeur de 51 ans s'est toujours défendu d'être un trafiquant de drogue, affirmant qu'il n'avait fait qu'installer des machines industrielles dans ce qu'il croyait être une usine d'acrylique. L'affaire avait fait grand bruit en Indonésie, et le président de l'époque s'était rendu sur place.

Le Français avait saisi la Cour suprême en espérant obtenir un procès en révision, estimant qu'il ne méritait pas la peine de mort.