Projet déjoué d'enlèvement et de viol d'une fillette

Sa. C. avec AFP

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«Diablo» et «Heliot» mis hors d’état de nuire. Sous ses pseudos se cachent deux quinquagénaires de Rouen et Nice. Ils ont été écroués pour avoir envisagé de séquestrer, violer et torturer une fillette. Un projet qu’ils avaient préparé sur l'Internet avant d’être déjoué grâce à la surveillance des réseaux pédophiles en Belgique, a indiqué mercredi le procureur de la République de Rouen Joseph Schmit. Retour sur l’histoire.

Policier infiltré

Les deux hommes ont été repérés en mars par la police belge grâce à un internaute belge qui a prévenu une organisation d'aide à l'enfance Child Focus, mise en place après la traumatisante affaire Dutroux. Ils projettent d’enlever une fillette, âgée entre 4 et 9 ans, en Belgique. Selon les médias belges, ils auraient ensuite envisagé ce kidnapping en France.
L’organisation alerte à son tour la police et la justice belges. Un policier belge entre en contact avec les deux hommes via l’Internet.

«Heliot» est interpellé à Nice, le 2 mai, alors qu'il s'apprête à commettre une agression sexuelle dont il avait parlé au téléphone.
Reste à débusquer«Diablo», qui vit à Rouen. Le 11 mai, le Rouennais, marié, père de famille, présente au policier infiltré l'endroit où il entend enfermer la fillette, qui doit encore être choisie à la sortie des écoles. Cette étape permet de l'interpeller. «La loi exige traduction par des actes concrets», souligne Joseph Schmit.

Caméscope et fer

Un caméscope et un fer sont retrouvés à son domicile. Ils n'avaient en tête que des «choses horribles», affirme Joseph Schmit. Ils envisageaient notamment de marquer au fer la fillette sur l'aine d'un «s» et filmer le tout. «On n'était pas dans le virtuel, quelque chose s'approchait», affirme encore le procureur de la République.
Selon les médias belges, deux autres personnes, un homme et une femme, seraient également impliquées dans l’affaire. La bande pédophile avait planifié l'enlèvement pour la fin mai ou le début du mois de juin.

«Le plan élaboré prévoyait également qu'un des pédophiles se procure une camionnette munie de portes coulissantes, un élément qui n'est pas sans rappeler le modus operandi du pédophile Marc Dutroux, et des plaques volées. Un autre membre de la bande était chargé de repérer un lieu isolé et de se procurer caméra et objets sado-masochistes», affirme le quotidien belge «Le Soir». A priori, il s’agirait de «Diablo».

Ecroués et mis en examen pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'enlèvement et de séquestration d'une mineure avec actes de barbarie, les deux complices qui n'ont pas d'antécédent judiciaire, sont passibles d'une peine maximale de 10 ans d'emprisonnement. Le troisième homme aurait «été raccroché» à l'affaire de façon fortuite selon le procureur. Interpellé dans la banlieue d'Orléans (Loiret), il a été trouvé en possession de 5.000 photos à caractère pornographique.