Plainte contre des policiers, l'IGS saisie

BAVURE Un ingénieur assure avoir été frappé, mercredi, après une manifestation...

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Trois cent soixante cinq voitures ont été brûlées en France métropolitaine dont 49 par propagation dans la nuit de lundi à mardi, deuxième nuit consécutive de violences depuis le second tour de l'élection présidentielle, selon un bilan officiel de la police obtenu mardi.
Trois cent soixante cinq voitures ont été brûlées en France métropolitaine dont 49 par propagation dans la nuit de lundi à mardi, deuxième nuit consécutive de violences depuis le second tour de l'élection présidentielle, selon un bilan officiel de la police obtenu mardi. — André Durand AFP

Un ingénieur interpellé à l'issue d'une manifestation place Saint Michel à Paris, mercredi soir, a porté plainte, jeudi, contre des policiers pour l'avoir blessé à coups de matraque, dans la rue.

Philippe Roset, a déposé une plainte pour «violences illégitimes». Son procès-verbal a pu être consulté par l'AFP, auprès de l'Inspection générale des services (IGS, police des polices).

Interpellé à proximité de la place Saint Michel où il était venu chercher une amie, Philippe Roset, 31 ans, qui affirme n'avoir pas participé à la manifestation, a déclaré avoir été retenu pendant environ trois heures dans un car de police avec une quarantaine de personnes puis au centre de rétention de la rue de Clignancourt dans le XVIIIème arrondissement jusqu'à environ 03h30 jeudi.

«On charge»

Lorsqu'il est sorti, avec une petite dizaine de personnes libérées en même temps, l'ingénieur et le reste du groupe ont voulu attendre que l'ensemble des interpellés sorte, à proximité du commissariat.

Selon Philippe Roset et un enregistrement vidéo réalisé par un des présents que l'AFP a pu visionner, le groupe a été invité à partir et à se disperser. Une altercation semble s'être alors produite avec un de ses membres, qui circulait à rollers. Une dizaine de policiers étaient présents, selon ces images. Puis la caméra est éteinte.

Les policiers «ont dit on charge! N'ayant rien à me reprocher j'ai continué à marcher normalement dans la direction indiquée par les policiers, mais j'ai été frappé immédiatement», affirme Philippe Roset.

«Ils m’ont encore frappé»

«Je ne sais pas qui m'a frappé, ni combien ils étaient. Ils ont chargé. Quand j'étais à terre ils m'ont encore frappé, ils m'ont frappé à la tête alors que j'étais à terre», a-t-il ajouté, expliquant avoir essuyé des coups de matraque sur les jambes, la tête, les épaules, le dos et la mâchoire.

Deux témoins, Saïda 26 ans, assistante d'éducation venue chercher son mari également interpellé, et Lamine Laloui, un étudiant de 18 ans, ont confirmé ces propos. La police, contactée, n’a pas confirmé ou infirmé les faits allégués.

Gaz lacrymogène

Selon un certificat initial établi à l'hôpital, Philippe Roset souffre d'une plaie à la tête et dix points de suture lui ont été posés. Le médecin qui l'a examiné lui a prescrit trois jours d'ITT (Incapacité totale de travail). Philippe Roset a ensuite été examiné à l'Hôtel-Dieu, saisi à la demande de l'IGS, où l'on a conclu jeudi que ses lésions étaient «compatibles avec les violences alléguées». On lui a prescrit 6 jours d'ITT pénale, a-t-il déclaré.

Philippe Roset, Lamine Laloui et un troisième interpellé qui n'a pas souhaité être identifié, ont en outre affirmé que pendant leur attente de près de 3 heures dans le car à proximité du commissariat, du gaz lacrymogène a été diffusé pendant quelques minutes.