Seul contre tous, Bayrou crée son parti

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Les membres de l'UDF venus hier à la Mutualité pour le conseil national du parti pestaient contre les vingt-deux députés UDF ralliés à l'UMP : « C'est inadmissible, ils ont retourné leur veste », confie un cadre de Saint-Etienne. « De toute façon, il n'y a pas vingt-deux ministères au gouvernement Sarkozy », ironise un autre. Une heure plus tard, François Bayrou entame un discours très attendu. Il doit soumettre la création d'un nouveau parti, le Mouvement démocrate, à ses élus et sortir d'une impasse : comment orienter son parti vers le centre-gauche quand ses lieutenants rallient la droite ?

L'argumentation du président de l'UDF est simple : alors que tout le monde veut savoir si le parti va aller à gauche ou à droite, il lui propose d'« aller de l'avant pour ne pas revenir en arrière ». François Bayrou évoque le choix devant lequel l'UDF se trouve : « céder ou résister ». Ce qui lui permet de dénoncer les députés ayant signé l'engagement que leur a soumis l'UMP : voter la confiance au gouvernement, voter ses futurs budgets et ne pas voter de censure. Bayrou fait d'eux le contre-exemple des futurs élus du Mouvement démocrate, qui voteront les lois « en conscience » et non « par allégeance à un parti ». Ce nouveau parti doit être pour lui « ouvert », plus large que l'UDF et capable de s'unir à d'autres partis « pour les élections locales ». Son mouvement aura peu de sièges à l'Assemblée mais c'est selon lui un « risque à prendre » pour « renouveler la politique française » et c'est peu de chose face aux risques que prennent « tous les jours les Français ». Sous-entendu ceux qui pourraient voter pour lui à la présidentielle de 2012.

unanimité Le lancement du Mouvement démocrate a été approuvé hier à l'unanimité des présents (plus de 2500), moins quatre voix contre et quatre abstentions. Un congrès constitutif aura lieu à l'automne.