« Les Français attendent des résultats concrets »

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François Miquet-Marty

Directeur des études

politiques de l'institut LH2.

Quelles sont les principales attentes des Français

vis-à-vis du nouveau président de la République ?

Il y a deux types d'attentes qui placent la barre assez haut pour le chef de l'Etat. D'un côté, son électorat souhaite qu'il agisse dans les domaines de la sécurité, de la fiscalité et du travail. De l'autre, il y a tous les Français à qui il a constamment répété qu'il faudra le juger sur des résultats. C'est justement ce qu'ils veulent, des résultats concrets. Il doit donc agir très vite pour profiter d'un état de grâce.

Y a-t-il des attentes plus importantes en fonction

des catégories de population ?

Des avancées sont attendues par tous dans le domaine de l'emploi, de la sécurité et du pouvoir d'achat. Au centre, l'électorat souhaite qu'il réduise en priorité la dette. A l'extrême droite, c'est sur la sécurité et l'immigration qu'il sera jugé. Sarkozy sait que son action se répercutera sur les scrutins à venir. La moitié de l'électorat FN appréciait son action Place Beauvau, ce qui l'a aidé dimanche.

Qui sera le plus exigeant

avec son gouvernement ?

Tout le monde risque de l'être. Le candidat de la droite a en effet rassemblé 44 % des électeurs qui perçoivent leur situation comme défavorisée et 49 % de ceux qui estiment que leur situation sociale s'est dégradée ces dernières années.

En fonction de ces attentes, qu'a-t-il manqué dimanche

à Ségolène Royal pour gagner ?

Le plus cruel est qu'il apparaît que sa candidature a fait le plein de voix. En fonction du rapport de force entre la gauche et la droite, Ségolène Royal s'est bien débrouillée. Elle a fait le plein de voix au centre, en rassemblant 39 % de ceux qui ont voté Bayrou au premier tour, contre 32 % pour Sarkozy. Elle a également pris 10 % des voix des électeurs de Le Pen. La base électorale de la gauche, avec les Verts et l'extrême gauche, est aujourd'hui trop faible pour compléter le socle du PS. Son score chez les personnes de plus de 65 ans (28 %) lui a été très préjudiciable.