La guerre des courants aura-t-elle lieu ?

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Les couteaux sont sortis, mais pour l'instant, ils restent sous la table. Le Parti socialiste a joué le jeu de l'unité hier, après la défaite de Ségolène Royal. Alors que, dès dimanche soir, fabiusiens et strauss-kahniens ont multiplié les critiques en se posant en recours, la direction a tenté hier soir de circonscrire l'incendie en promettant un fonctionnement « collectif » de la campagne des législatives. Le dispositif « donnera une place à Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, ainsi qu'à d'autres », a déclaré le premier secrétaire, François Hollande, à l'issue du conseil national.

Reste que, désormais, le PS est écartelé entre quatre forces : les partisans de Royal, ceux de DSK, ceux de Hollande lui-même et ceux de Laurent Fabius. Les trois premiers se disputent le primat d'une « refondation » de la gauche, DSK étant le seul à annoncer clairement une conversion sociale-démocrate du Parti socialiste. Les fabiusiens, eux, veulent réaxer le parti sur sa gauche.

Au-delà du clivage idéologique, se pose la question du leadership. Sûre de sa légitimité, Ségolène Royal compte se poser en future chef de l'opposition, avec l'élection de 2012 déjà en ligne de mire. « Après les défaites de 1974 et 1995, Mitterrand et Jospin sont restés nos leaders. Dominique [Strauss-Kahn] est un type formidable, mais quand il dit "je suis disponible", c'est très médiocre de sa part », estimait dimanche soir Vincent Peillon, soutien de Royal.

Une légitimité contestée par tous les autres éléphants, qui veulent éjecter l'ex-candidate et ses troupes qui ont nourri les inimitiés au cours de la campagne. « S'ils ont au moins un point commun, c'est de vouloir faire la peau à Julien Dray et François Rebsamen », confie un cadre. Avant celle de Royal ?