La fronde anti-Sarkozy se poursuit, heurts près de la Bastille

C.F. avec AFP

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Les élèves du lycée Voltaire protestent contre l'élection de Nicolas Sarkozy, le lundi 7 mai 2007. Deux cents jeunes se sont retrouvés place de la Bastille au cri de «Sarko, racaille, faut que tu t'en ailles.»
Les élèves du lycée Voltaire protestent contre l'élection de Nicolas Sarkozy, le lundi 7 mai 2007. Deux cents jeunes se sont retrouvés place de la Bastille au cri de «Sarko, racaille, faut que tu t'en ailles.» — P. Breson / 20Minutes

Encore des heurts à Paris. Les CRS sont intervenus en force contre des manifestants anti-Sarkozy qui brisaient des vitrines près de la Bastille, arrestant sans ménagement plusieurs d'entre eux. Dans la rue du Chemin vert et aux abords de l'avenue de la République, une charge de police a permis aux forces de l'ordre d'interpeller certains des manifestants qui avaient brisé sur leur chemin une quarantaine de vitrines de magasins.

Plusieurs centaines de manifestants continuaient à remonter la rue de la Roquette. Ils ont ensuite emprunté l'avenue de la République, s'en prenant aux vitrines des commerces, renversant poubelles et motos sur leur passage.

La charge de la cinquantaine de policiers en tenue anti-émeutes, qui sont intervenus en force, a provoqué une dispersion des manifestants. Au moins une dizaine de jeunes ont été arrêtés, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ces quelque 500 jeunes manifestants anti-Sarkozy s'étaient regroupés lundi en début de soirée sur la place de la Bastille avant d'entreprendre une marche de protestation, qui est devenue au fil des minutes de plus en plus violente.


«On croyait que cela allait changer, mais non»

Un peu plus tôt dans la journée, quelque 300 lycéens
s'étaient également réunis sur la place de la Bastille pour se diriger vers Nation. En l'absence de forces de l'ordre, ils ont, brièvement et par endroits, interrompu la circulation, plaçant des barrières métalliques en travers des voies ou s'asseyant sur la chaussée.

Quelques policiers étaient présents aux abords, essentiellement pour surveiller et régler la circulation. Darith, 19 ans, venu de Seine Saint-Denis, a expliqué qu'il était là parce qu'il «faut trouver une autre manière de s'exprimer. On nous a dit qu'il fallait voter pour changer les choses. On a voté. On croyait que cela allait changer, mais non».

A Lyon, 200 lycéens ont manifesté dans le centre-ville avant de se rendre à l’Université Lyon-II pour inciter les étudiants à les rejoindre. Des actes de dégradation ont été observés en marge de la manifestation sur des poubelles et des panneaux d'affichage politique, provoquant deux interpellations, dont celle d'un mineur de 17 ans.

Les étudiants parisiens se sont également mobilisés. Deux petites assemblées générales (AG) étudiantes se sont tenues à la Sorbonne et au site de Tolbiac (Paris I), pour lancer une mobilisation contre le projet de réforme de l'université du président Nicolas Sarkozy. «Il a prévu de rendre les facs autonomes, elles pourront sélectionner à l'entrée ou encore augmenter les frais d'inscription» a expliqué Sarah Aknin, syndiquée à la FSE et étudiante en deuxième année de droit à Tolbiac. Ces militants ont prévu une nouvelle AG mercredi midi à Tolbiac et jeudi à 13h00 à la Sorbonne.

«Contre-productif»

Cette mobilisation n’a pas reçu le soutien du président du syndicat étudiant Unef, Bruno Julliard. «On prend acte de l'élection de Nicolas Sarkozy, on respecte les résultats du scrutin, d'autant plus que sa victoire est large avec une très forte participation», a-t-il estimé. Selon le leader étudiant, qui avait appelé à battre le candidat de l’UMP au second tour, «on participera d'autant moins à ce type de manifestation que c'est contre-productif, et que cela risque de faire apparaître les jeunes comme anti-républicains. Ce n'est pas la réponse adaptée à l'élection de Nicolas Sarkozy».