Camion Lenôtre et badauds devant le QG de campagne

REPORTAGE Quelle est l'ambiance rue d'Enghien, dans le Xème arrondissement de Paris?

Alexandre Sulzer

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En pleine campagne présidentielle, les Renseignements généraux (RG) sont au coeur d'une polémique, accusés d'avoir  enquêté sur le patrimoine de Ségolène Royal et de "ficher" des riverains du QG de campagne de Nicolas Sarkozy.
En pleine campagne présidentielle, les Renseignements généraux (RG) sont au coeur d'une polémique, accusés d'avoir enquêté sur le patrimoine de Ségolène Royal et de "ficher" des riverains du QG de campagne de Nicolas Sarkozy. — Dominique Faget AFP/Archives

Un camion Lenôtre est garé à l’entrée de la rue d’Enghien, dans le Xème arrondissement de Paris, où se trouve le QG de campagne de Nicolas Sarkozy. «On débarrasse», explique un salarié du célèbre traiteur alors que des déménageurs enlèvent planches et empilent de  mystérieux cartons rouges dans un camion. Un conseiller confie pourtant que le QG devrait rester en activité «au moins jusqu’à la prise de fonction officielle à l’Elysée», le 16 mai.
 
Des badauds observent tranquillement les journalistes se ruer sur les ténors du sarkozysme qui quittent, un à un, le bâtiment. Marie-Paule et Michel, touristes de la Nièvre, sont passés «pour voir». S’ils se définissent comme «rouges», ils estiment que les urnes ont parlé et respectent le résultat. Koray, un Turc de 22 ans, discute avec l’un de ses amis dans un café, en face du QG. «J’attends qu’il vienne pour le voir en chair et en os. Mais il va se faire attendre, Monsieur le Président».

Seul bémol dans l’ambiance somme toute tranquille en ce lendemain de victoire, un passant couvre la voix de Xavier Bertrand, porte-parole de Nicolas Sarkozy, en vociférant: «La racaille à Neuilly, la racaille au Fouquet’s». «Ta gueule, connard !», s’entendra-t-il répondre par un soutien du nouveau président de la République.