Drôle de perquisition avortée à l'Elysée

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C'était une première. Mercredi, deux juges d'instruction tentent de perquisitionner le palais de l'Elysée dans le cadre d'une enquête liée à la mort du juge Borrel (lire ci-contre). Mais ressortent deux heures plus tard sans avoir pu y pénétrer.

Le jour même, ces deux magistrates, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, dressent un procès-verbal sur les conditions de cette perquisition avortée.

Des extraits du PV ont été publiés hier dans Le Journal du Dimanche. Le récit est assez étonnant : « Nous sommes bousculées par les gardes républicains et nous ne parvenons à pénétrer sous le porche d'entrée avec nos deux greffières qu'au prix de notre détermination à ne pas demeurer sur la voie publique », expliquent les deux juges. Alors qu'elles cherchent un « appui » et demandent un « bureau » pour « s'asseoir » et compléter leurs réquisitions, l'officier de la garde républicaine, le lieutenant-colonel Pierre Sauvegrain, leur répond que « les capots de voiture, c'est aussi très bien pour faire

office de table ».

Les magistrates concluent : « Outre les injonctions réitérées de quitter les lieux, nous avons été cantonnées sous le porche servant de local poubelles, à proximité des conteneurs servant à cet effet, sur lesquels ont été rédigés par nos soins » les réquisitions. L'Elysée s'est opposé à la perquisition en invoquant l'article 67, introduit en février dernier dans la Constitution et qui garantit une immunité pénale au chef de l'Etat. Les magistrates visaient en fait la « cellule Afrique » de l'Elysée et

plus particulièrement les bureaux de son chef, Michel de Bonnecorse.

affaire Les juges sont en charge d'une procédure pour « publication de commentaires en vue d'influencer une décision de justice », en marge de l'enquête sur l'assassinat du magistrat Bernard Borrel en 1995 à Djibouti.