Fête à la Concorde, tension à la Bastille

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La place de la Concorde s'est remplie progressivement hier après l'annonce des résultats. Des milliers d'électeurs, arrivant des rues adjacentes munis de drapeaux tricolores, se sont peu à peu massés sur la place, à l'appel de l'UMP, qui y organisait un concert avec, entre autres, Johnny Hallyday et Enrico Macias. Christelle, Laurent, et Nicolas, trois amis de 35, 23 et 42 ans, avaient débouché le rosé pour cette « grande victoire ». « Sarkozy va agir, il a un vrai programme. » Trois copines habitant Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) espéraient de leur côté que le vainqueur allait « faire pour le pays ce qu'il a fait pour notre ville en matière de sécurité ».

Quelques partisans de Ségolène Royal s'étaient également mêlés à la foule. Anne-Lise et Aurélien, 22 et 24 ans, parlaient de « l'hypocrisie du discours de Nicolas Sarkozy » et craignaient « de bonnes émeutes, probablement dès ce soir ». Un peu plus loin, un groupe de cinq Tunisiens était venu jouer du djembé pour « remercier Ségolène Royal ». Cynthia, 17 ans, avait fait le déplacement depuis la Seine-et-Marne, avec six copines, « pour faire comprendre aux militants UMP qu'ils ont tort concernant la politique sur l'immigration ». Vincent, 19 ans, admettait qu'« avec Sarkozy, c'est sûr on va avoir une grande France. Le problème c'est la manière. Il n'y a pas que le but qui compte dans la vie. »

A quelques pas de là, au restaurant le Fouquet's, le nouveau président de la République est arrivé peu après 21 h, pour dîner, devant des clients bouche bée. A l'extérieur, quelques jeunes scandaient des slogans anti-Sarkozy.

A la Bastille (11e), lieu traditionnel de rassemblement de la gauche, quelque 4 000 personnes s'étaient donné rendez-vous. A 22 h, la tension est montée d'un cran entre les jeunes, « très déçus », et la cinquantaine de CRS présents. Ces derniers ont dû charger à coups de grenades lacrymogènes des manifestants qui leur lançaient pavés et projectiles.