A la merci d'une charge d'éléphants

©2007 20 minutes

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Peu importe l'ampleur

de la défaite, les couteaux

devraient être de sortie dès au­jourd'hui rue de Solférino. Depuis un an, Ségolène Royal a tellement bousculé et attaqué les éléphants socialistes qu'il est difficile d'imaginer que ceux-ci ne cherchent pas à se venger

et à reprendre rapidement la main.

Reste qu'après une telle campagne, la candidate a placé le PS au pied du mur. Les alliés traditionnels, com­munistes et écologistes, sont sortis exsangues du premier tour : il faut donc, pour les socialistes, trouver de nouveaux partenaires. En discutant avec Fran­çois Bay­rou et l'UDF, Ségolène Royal a com­mencé à tourner la page de l'union de la gauche décidée à Epinay

en 1971, pour envoyer le

PS sur le chemin social-démocrate emprunté par tous

ses confrères européens. Mais après sa défaite, hier, rien n'est joué. La gauche du parti, avec Henri Em­manuelli, s'est déjà rebiffée. Toutefois, rien ne dit qu'elle prendra le pouvoir.

Car la bataille pour mener la campagne des législatives en juin a déjà commencé. Le champion des sociaux-démocrates du PS, Do­minique Strauss­-Kahn, se voit déjà prendre les rênes de la renovation. Les proches de Royal croient en leur candidate. Quant à François Hollande, il a derechef annoncé vendredi qu'il conduirait la campagne de juin, avant d'évoquer la possibilité d'« assises » ou de « refondation » avec « tous les progressistes ». Le premier secrétaire - en poste depuis dix ans - est menacé, et en interne, on évoque le temps des alliances. « Fabius et DSK pourraient s'entendre pour prendre le parti dans un congrès d'après-présidentielle », confie un cadre. Après la gazelle Royal, ce serait alors le mariage de la carpe et du lapin.

continuer Après l'annonce de sa défaite, hier soir, Ségolène Royal a clairement indiqué qu'elle ne suivrait pas les traces de Lionel Jospin, qui en 2002, s'était « retiré définitivement de la vie politique ». Dans Le JDD d'hier, la candidate socialiste indiquait même qu'elle n'exclurait déjà rien pour la présidentielle de 2012. « Je veux continuer, pour ne pas décevoir ces millions de Français qui attendent que je recommence », explique-t-elle.