Ségolène Royal perd mais ne rompt pas

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« Bande de cons », lâche entre ses dents une jeune militante au bord des larmes. La défaite de Ségolène Royal a été vécue avec amertume par le millier de personnes réunies hier soir devant le siège parisien du Parti socialiste. La seule, finalement, à être apparue détendue, est la perdante elle-même.

Aussitôt les résultats connus, Ségolène Royal a pris la parole pour s'adresser davantage à la direction du PS qu'à l'ensemble des Français. Contrairement à Jospin en 2002, elle a affirmé d'emblée : « Je continue avec vous. » Pas question de toucher à sa stratégie de modernisation du PS vers le centre-gauche. « Vous pouvez compter sur moi pour approfondir la rénovation de la gauche et la recherche de nouvelles convergences, condition de nos victoires futures », a-t-elle expliqué, prévenant que sa « vigilance sera sans faille ». Un discours qu'elle a répété plus tard, au balcon du PS, annonçant une « fête des remerciements » dans les prochains jours, peut-être à La Courneuve (Seine-Saint-Denis).

« Notre ligne est la bonne, mais on n'a pas eu le temps de l'installer », assure le sénateur David Assouline, qui dit « penser à 2012 ». Une position que rejette la gauche du PS. « Se rapprocher du centre est une erreur, la reconstruction ne peut se faire qu'à gauche », estime la fabiusienne Marie-Noëlle Lienemann. Les éléphants ont déjà en tête les législatives dans un mois, avec un mot d'ordre : exit Royal, place au parti. « C'est à la direction de mener la campagne, et à personne d'autre », prévient Jean-Paul Huchon, pro-DSK. Les éléphants rêvent déjà à l'après-Royal, mais la gazelle compte encore courir.

pic Dominique Strauss-Kahn est apparu remonté, hier soir, contre Royal. « C'est une très grave défaite, car c'est la troisième fois consécutive que le PS perd les présidentielles », a-t-il expliqué. Il a estimé que « c'est au premier tour qu'on a perdu, avec un résultat trop faible à gauche ». « La rénovation sociale-démocrate que j'ai initiée est indispensable à l'avenir du PS », a-t-il martelé, ajoutant « je suis disponible ». Il faudra donc compter avec DSK.