«Il faut assumer sa gauche comme Sarkozy a assumé sa droite»

Propos recueillis par Stéphane ALLIES

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La LCR a dénoncé mardi "la surdité" du gouvernement et "les violences policières" durant les manifestations anti-CPE et demandé "toute la lumière" sur les circonstances dans lesquelles un syndicaliste a été hospitalisé dans le coma.
La LCR a dénoncé mardi "la surdité" du gouvernement et "les violences policières" durant les manifestations anti-CPE et demandé "toute la lumière" sur les circonstances dans lesquelles un syndicaliste a été hospitalisé dans le coma. — Stéphane de Sakutin AFP/Archives

Le candidat de la LCR Olivier Besancenot appelle sur 20minutes.fr à un coup de barre à gauche de l’opposition…

Que pensez-vous de ce résultat?

On est aux côtés des déçus du 22 avril, qui ont tous pris un coup sur la cafetière. Sarkozy a brouillé les cartes jusqu’au bout, en montant chaque secteur de la population les uns contre les autres. En face, la gauche n’a pas été à la hauteur. Nous, on promet que la gauche ne baissera plus les bras et qu’on sera là dès qu’il attaquera une usine, un ouvrier ou un sans-papier. Enfin, on constate une chose : dès que la gauche veut suivre la droite sur son terrain, elle perd. Il faut un PS avec une ligne claire: ni un allié de l’UDF, ni une nouvelle gauche plurielle. Il faut assumer sa gauche comme Sarkozy assume sa droite. En somme, être une vraie gauche anticapitaliste.
 
Quelle attitude allez-vous adopter aux législatives?
La LCR se présentera dans un maximum de circonscriptions. On ne se porte plutôt pas mal et nous recevons beaucoup d’adhésions allant au-delà de notre électorat. Maintenant, le vote de résistance doit être entendu, comme il aurait pu l’être sans chantage au vote utile. Le discours de Ségolène Royal a été digne, mais ses orientations sont en totale contradiction avec notre analyse du scrutin.
 
Pensez-vous à une recomposition à gauche?
On milite depuis toujours pour recomposer à gauche de la gauche plurielle, mais rassembler une gauche anticapitaliste implique d’assumer l’indépendance totale du PS. On nous a prédit l’isolement dans cette campagne, on finit cinquième force politique. Même dans l’entre deux-tours, notre opposition à Sarkozy a été indépendante de la campagne socialiste.
 
Que pensez-vous des heurts entre manifestants anti-sarkozystes et forces de l’ordre dans plusieurs villes de France?
Sarkozy au pouvoir, cela présente évidemment le risque de tensions. Or, ce type d’affrontements peut aboutir à tout, et pas forcément au plus positif. La révolte n’est constructive que si on fédère les luttes. Et si Sarkozy a Mai-68 dans le collimateur, il doit s’attendre à une résistance. Et s’il faut faire un Mai-2008 face à Sarkozy, on répondra présent.