«Vivement que cela se termine»

VERBATIM Paroles d'électeurs à la sortie des bureaux de vote...

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Le coeur à gauche, Nicolas 23 ans a voté blanc à l'école Jacques Prévert de Tourcoing. «Je suis tellement blasé. Je ne me retrouve pas dans le candidat de gauche. On met une femme, un beau sourire mais il n'y a aucune valeur derrière tout ça... J'aurais aimé voter pour des idées par pour un people», affirme-t-il tout en réclamant que le vote blanc soit comptabilisé.

Christelle, jeune UDF de 31 ans, a voté Ségolène Royal à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne). «Après le débat, j’hésitais encore», confie-t-elle. «Mais elle met les valeurs humaines au cœur de son programme contrairement à Nicolas Sarkozy qui ne parle jamais de solidarité». «Et puis, observe-t-elle, je la crois plus sincère que la droite quand elle se dit prête à travailler avec François Bayrou».

Aux Amidonniers, à Toulouse
Christian, enseignant,
n’a « pas voté pour ces candidats-là au premier tour. Mon choix s’est reporté logiquement. J’ai plutôt voté contre quelqu’un… »

Marie-Christine, retraitée, «confirme son vote du premier tour. Mais j’ai peur que les sondages aient beaucoup démobilisé… Je suis confiante, enfin j’espère…»

Louis-Henri, médecin
«J’ai voté Sarkozy.
Je suis sûr que ce sera lui notre prochain président. Là, j’ai fait une procuration pour quelqu’un et c’est la première fois que j’ai dû glissé un bulletin contraire à mes opinions…»

Frédéric, ingénieur, «a utilisé le scrutin majoritaire à deux tours. J’ai voté pour mes idées au premier et là j’ai plutôt procédé par élimination…»

Camille étudiante à l’IEP
«Pour moi on avait le choix entre une candidate de gauche et un candidat d’extrême droite. Un peu comme il y a cinq ans…

Marie-Paule, opticienne
J’ai voté pour Bayrou au premier tour et là je me suis fiée à ce que j’ai vu au débat, explique , toujours aux Amidonniers. J’ai voté Sarkozy parce que son programme économique tient mieux la route. Mais ce qui est sûr c’est que si Bayrou maintient le cap, je voterai pour le nouveau parti aux législatives…»

Salle du Sénéchal, en centre-ville de Toulouse

Christine, fonctionnaire
«Le choix a été très difficile parce que j’ai voté Bayrou au premier tour. Là j’ai choisi Royal. On a tout essayé : la droite, la gauche. Maintenant, l’avenir c’est le partage des idées. Il y en a de bonnes partout. Et puis Mme Royal a été particulièrement forte au débat…»

Andrée, retraitée
«Le choix n’a pas été difficile. A notre âge, on a nos idées. C’est juste que la campagne a été beaucoup trop longue…»

A la sortie d’un bureau de vote du quartier de la Cathédrale à Strasbourg, Jean-François, 50 ans, s’exclame: «Je fais partie des post soixante-huitard que Sarkozy veut éradiquer. S’il est élu, on ne va pas le laisser faire!».

Au Mirail, à Toulouse: Fouzia, secrétaire travailleur handicapé au chômage
«Le choix était simple et le débat n’a rien changé. Ségolène Royal c’est tout ce qu’il y a de social. J’ai confiance en elle. C’est une femme qui sait ce que c’est le travail et le foyer. Et puis ça m’a touché son discours sur les handicapés. Il n’y a pas à choisir entre la sécurité et le travail.

Le travail, ça donne la sécurité. Sans travail, c’est un cercle vicieux. Si les jeunes n’ont pas d’argent pour acheter des clopes, alors ils font un casse… »

Najette, étudiante
«C’était plus dur de choisir au premier tour parce qu’il y avait beaucoup de candidats. Le débat était flou, mais Royal a montré du charisme et Sarkozy du sang froid. Après c’est une question d’idée. Moi je suis pour Royal parce que mes idées sont plutôt de gauche. Le résultat? C’est le vote, la démocratie. Que le meilleur gagne !»

Recueillis par Clémence Nayrac à Toulouse, Marion Gillot à Bordeaux, Ludovic Meignin à Strasbourg, Vincent Vantighem à Lille.