Les temps forts de l'entre-deux tours

CHRONOLOGIE Les évènements jour par jour...

— 

Nicolas Sarkozy (UMP) reste favori pour l'emporter dimanche contre Ségolène Royal (PS), au lendemain d'un débat qui n'a pas bouleversé le rapport de forces politique, selon les sondeurs.
Nicolas Sarkozy (UMP) reste favori pour l'emporter dimanche contre Ségolène Royal (PS), au lendemain d'un débat qui n'a pas bouleversé le rapport de forces politique, selon les sondeurs. — AFP/France 2
Dimanche 22 avril, les résultats du premier tour

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont qualifiés pour le second tour avec, respectivement, 31,18% et 25,87%, devant François Bayrou (18,57%). Le score du Front national s’écroule à 10,44% alors que le taux d’abstention est l’un des plus faibles de l’Histoire de la Vème République (16,23%). L’extrême gauche appelle, dans sa majorité, à voter pour Ségolène Royal.


Lundi 23 avril, Besson avec Sarkozy, Royal téléphone à Bayrou

Au lendemain du premier tour, Nicolas Sarkozy tient meeting à Dijon (Côte-d’Or). Un invité se fait particulièrement remarquer : Eric Besson, député (PS) de la Drôme, qui fait campagne plus que jamais pour «Nicolas».
De son côté, Ségolène Royal réunit ses troupes à Valence (Drôme). Peu avant le début de son intervention, elle va dans la salle de presse et annonce aux journalistes vouloir «l’ouverture d’un débat public» avec l’UDF afin de «construire des convergences autour d’une volonté de rénovation sans arrière-pensées, sans a priori». La candidate socialiste précise qu’elle a laissé un message sur le portable de François Bayrou. Lequel, retranché dans son QG avec ses conseillers, refuse de parler à la presse.

Mardi 24 avril, rendez-vous pour le grand débat

Ségolène Royal affirme que son gouvernement pourrait accueillir des personnalités UDF. Nicolas Sarkozy, lui, est reçu au Grand-Quevilly, dans l’agglomération de Rouen dont le maire UDF, Pierre Albertini, s’est rallié à sa candidature.
Les deux candidats se mettent d’accord sur la date de leur débat télévisé : il aura lieu le 2 mai et sera diffusé sur TF1 et sur France 2.

Mercredi 25 avril, Bayrou attaque Sarkozy

François Bayrou tient sa conférence de presse tant attendue. Comme attendu, il ne donne aucune consigne de vote à ses électeurs et annonce la création du Parti Démocrate. Ses attaques virulentes contre Nicolas Sarkozy ne passent pas inaperçues. Il confirme, par ailleurs, qu’il est prêt à discuter publiquement avec la candidate socialiste.
Sur TF1, Nicolas Sarkozy estime que «le débat du second tour, c’est entre moi et Ségolène Royal».

Jeudi 26 avril, quel débat entre Royal et Bayrou?


Le débat souhaité par les candidats socialiste et UDF vire à l’imbroglio. Après la presse quotidienne régionale, Canal + se désiste après s’être porté volontaire pour organiser la rencontre. Certains accusent Nicolas Sarkozy d’avoir exercé des pressions. La chaîne cryptée évoque, elle, une impossibilité liée aux règles du temps de parole imposées par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA).
Invité de France 2, Nicolas Sarkozy met les critiques de François Bayrou à son égard sur le compte «de la déception et d’un brin d’amertume».

Vendredi 27 avril, Sarkozy contre les «procès de Moscou»

Finalement, c’est BFM TV et RMC qui organisent la rencontre entre François Bayrou et Ségolène Royal. L’ancien candidat UDF s’emporte contre Nicolas Sarkozy qu’il accuse d’ «intimidation» et de «menace». En déplacement en Auvergne où il reçoit le soutien de Valéry Giscard d’Estaing, le candidat UMP se dit «blessé» par ses accusations et dénonce des «procès de Moscou».
Au sein du PS, les appels à l’électorat centriste énervent. Henri Emmanuelli appelle à la création d’un nouveau «parti progressiste».

Samedi 28 avril, petit débat et «petites combines»


Comme prévu, François Bayrou et Ségolène Royal discutent devant les caméras sur un ton amical. Les convergences sont soulignées sur l’Etat impartial ou l’Europe. Des différences notables sont constatées sur les enjeux économiques. Mais François Bayrou ne révèle pas pour autant pour qui il va voter le 6 mai.
En déplacement à Valenciennes, Nicolas Sarkozy parle de «petites combines dans un hôtel parisien».

Dimanche 29 avril, Sarkozy remplit Bercy

Interrogée sur Canal + sur la possibilité de prendre François Bayrou comme Premier ministre, Ségolène Royal répond qu’elle «ne s’interdit rien».
Nicolas Sarkozy, lui, tient un important meeting à Bercy. L’UMP donne le chiffre de 40.000 spectateurs devant lesquels le candidat agite le thème de «l’idéologie de mai 68» contre laquelle il propose de se battre. Il souhaite également introduire une dose de proportionnelle à l’Assemblée nationale. De très nombreux «people» ont répondu présents à l’invitation de Nicolas Sarkozy, notamment Charlotte Rampling, Jean Reno, Henri Salvador, Jean-Marie Bigard ou encore Dominique Farrugia.

Lundi 30 avril, les UDF lâchent Bayrou


Hervé Morin, président du groupe UDF à l’Assemblée nationale, révèle qu’il votera «sans hésitation» pour Nicolas Sarkozy «dans l’intérêt du pays».
La polémique sur mai 68 rebondit et fait réagir de nombreuses personnalités de gauche.

Mardi 1er mai, un show à Charléty pour la candidate Royal

Jean-Marie Le Pen appelle ses électeurs, lors son traditionnel défilé à la mémoire de Jeanne d’Arc, à l’abstention.
Ségolène Royal indique dans une interview au «Monde» que Dominique Strauss-Kahn «pourrait être un très bon Premier ministre, si tel est mon choix». Elle réunit en fin d’après-midi près de 60.000 militants au stade Charléty où elle dénonce la «fracture républicaine» de Nicolas Sarkozy. Son show prend un air de festival avec les chansons de Cali, des Têtes Raides, Bénabar…

Mercredi 2 mai, le grand débat


Journée marquée par le débat Royal-Sarkozy qui rassemble près de 20 millions de téléspectateurs. La rencontre tourne au duel alors que la candidate socialiste joue la carte de la pugnacité et le candidat UMP celle de la sérénité.
Quelques phrases clés et passes d’armes qui resteront dans les mémoires :
Nicolas Sarkozy : «La précision n’est pas inutile dans le débat public»
Ségolène Royal : «Je serai la présidente de ce qui marche, sans œillères»
Nicolas Sarkozy : «Je veux être le président qui fasse que ce qui ne marche pas, marche»
Ségolène Royal : «Je ne laisserai pas l’immoralité du discours politique reprendre le dessus
-Je ne sais pas pourquoi Mme Royal, d’habitude calme, a perdu ses nerfs…
-Je ne perds pas mes nerfs, je suis en colère. Pas de mépris. Je suis en colère. (…) Il y a des colères très saines et très utiles.
-Je ne sais pas pourquoi madame Royal s’énerve…
-Je ne m’énerve pas
-Qu’est-ce que cela doit être quand vous êtes énervée !
-J’ai beaucoup de sang-froid. Je ne suis jamais énervée…
-Vous venez de le perdre»
Nicolas Sarkozy : «Quand on emploie des mots qui blessent, on divise le peuple alors qu’il faut le rassembler.
-Vous êtes blessé ?
-Non
-Donc tout va très bien»

Jeudi 3 mai, François Bayrou ne votera pas Sarkozy

Alors que la majorité des députés UDF ont apporté leur soutien au candidat UMP, François Bayrou ne précise pas s'il votera blanc ou Ségolène Royal, ou s'il s'abstiendra.
Ultimes meetings pour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal respectivement à Montpellier et à Lille.

Vendredi 4 mai, des sondages négatifs pour Royal


Dernière journée de campagne pour Nicolas Sarkozy en déplacement en Haute-Savoie et pour Ségolène Royal en Bretagne. Alors que la candidate socialiste décroche dans les ultimes sondages, elle dénonce le «danger Sarkozy». L’intéressé se demande «pourquoi une femme de cette qualité porte-t-elle des sentiments aussi violents».
François Bayrou annonce que son nouveau parti s’appellera le «Mouvement démocrate» et qu’il présentera un candidat dans chaque circonscription aux législatives.