Les syndicats routiers font des contre-propositions salariales au patronat

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Des routiers bloquent l'entrée d'un site industriel à Nantes le 27 janvier 2015
Des routiers bloquent l'entrée d'un site industriel à Nantes le 27 janvier 2015 — Georges Gobet AFP

Les syndicats du transport routier, qui lancent dimanche soir une grève reconductible pour une hausse de leurs salaires, ont formulé des «contre-propositions» au patronat et l'invitent à reprendre les négociations.

«Dans un esprit d'ouverture», l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC) revoit à la baisse ses prétentions initiales, espérant que sa main tendue permettra «une réouverture des négociations dans un cadre serein et loyal», écrit-elle dans une lettre au secrétaire d'Etat chargé des Transports, Alain Vidalies, dont l'AFP a obtenu copie.

Le dialogue avait été rompu le 9 février après une énième rencontre infructueuse entre les deux parties, incapables de s'entendre sur la revalorisation des grilles salariales conventionnelles dans le transport routier de marchandises (près de 330.000 salariés fin 2013).

Alors que les syndicats réclamaient jusqu'à présent un taux horaire minimum de 10 euros bruts à l'embauche, pour les coefficients les plus bas, ils proposent désormais 9,82 euros pour cette même catégorie du personnel, celle des salariés les moins qualifiés.

Dans ses dernières propositions, transmises le 4 mars aux syndicats, l'Union des Fédérations de Transport (UFT) se disait prête à accorder une revalorisation portant les plus bas coefficients à 9,62 euros, soit un centime de plus que le Smic, et le plus haut à 9,89 euros.

Mais dans le courrier adressé au ministre, les organisations syndicales répondent que «ces propositions sont insuffisantes et n'offrent pas à ce jour les conditions pour une validation par voie d'accord».

Sans évoquer la grève de dimanche, elles proposent au gouvernement «de mettre en œuvre une réunion dans les meilleurs délais afin que les organisations patronales puissent apporter des réponses à nos contre-propositions».

Alain Vidalies devait recevoir jeudi matin les transporteurs routiers, une semaine après les syndicats, afin de trouver les conditions permettant une sortie de crise.

La tension est montée d'un cran mardi après l'assignation en justice portée par le Groupe Charles André, visé par des blocages lors de la grève de janvier, à l'encontre des syndicats routiers CFDT, CGT, FO et CFTC.