Royal-Sarkozy, la parole est aux urnes

Stéphane Colineau

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Des électeurs dans un bureau de vote
Des électeurs dans un bureau de vote — Sébastien Ortola

Qui succédera à Jacques Chirac ? Les Français sont appelés à élire, dimanche, leur sixième chef de l'Etat depuis 1965 et la désignation du président de la Ré­publique au suffrage universel. Un favori émerge : Nicolas Sarkozy. L'écart creusé avec sa rivale socialiste lors du premier tour plaide en sa faveur. « Si Sarkozy devance Royal de plus de 5 points le soir du premier tour, ce sera gagné pour lui », confiait avant le 22 avril un spécialiste des calculs électoraux du Parti socialiste. Il s'est monté au final à 5,31 %. Le cumul des voix portés sur des candidats de gauche est aussi de nature à inquiéter les soutiens de Royal : à 36,44 %, il se situe à un niveau historiquement bas. A croire que l'analyse faite par Nicolas Sarkozy dès 2002, selon laquelle le pays se déporte à droite, était la bonne.

Attentif au moindre mouvement de l'opinion, le candidat de l'UMP puise dans les sondages d'entre-deux tours d'autres raisons d'espérer. Les instituts sont unanimes. Tous pronostiquent sa victoire, par quatre à six points d'écart.

De là à sillonner Paris vitres baissées tel un chef d'Etat fraîchement élu, comme il l'a fait le soir du premier tour, il y a un pas. Que Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à franchir, à l'arrière d'une grosse berline le 22 avril dernier. Aura t-il à le regretter ? Ce n'est pas à exclure, estime le politologue François Miquet-Marty (lire ci-dessous). Pour changer le cours des événements, Ségolène Ro­yal a mené une campagne d'entre-deux tours largement tournée vers les électeurs de François Bayrou. De ce point de vue, le duel télévisé pourrait porter ses fruits. En adoptant une posture contestaire face au candidat du gouvernement sortant, elle aura peut-être séduit les Français attirés par le discours antisystème du leader centriste.

Second axe d'attaque de la candidate socialiste ces toutes dernières semaines, la crainte qu'inspire Nicolas Sarkozy à de nombreux Français. Reste maintenant à savoir si le « Tout sauf Sarkozy » peut mobiliser davantage que le « Tout sauf Ségolène ».