SNCF: la grève lancée par la CGT peu suivie, et quasiment sans impact

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La grève d'une journée lancée par la CGT-Cheminots contre la réforme ferroviaire était suivie le 10 mars 2015 par moins de 10% des agents de la SNCF et le trafic était normal
La grève d'une journée lancée par la CGT-Cheminots contre la réforme ferroviaire était suivie le 10 mars 2015 par moins de 10% des agents de la SNCF et le trafic était normal — Alain Jocard AFP

La grève d'une journée lancée par la CGT-Cheminots contre la réforme ferroviaire a été suivie mardi par une minorité d'agents SNCF et le trafic est resté normal sur les grandes lignes et en Ile-de-France.

Selon le comptage réalisé en début de matinée par la compagnie ferroviaire, moins de 10% des salariés (9,93%) ont débrayé. Un taux contesté par le syndicat, qui évoquait la mobilisation d'«un cheminot sur cinq».

Contrairement à la grève d'une douzaine de jours menée en juin dernier à l'initiative de la CGT-Cheminots et SUD-rail, le mouvement n'était cette fois pas reconductible et seule la CGT avait déposé un préavis.

Avec cette grève, le premier syndicat de l'entreprise (35% des voix) entendait marquer une nouvelle fois son opposition à la réforme, le jour où le Comité central d'entreprise (CCE) était consulté sur sa mise en oeuvre. Au final, son isolement pourrait s'en trouver renforcé, alors que d'importantes négociations sur les règles de travail doivent être menées d'ici à mi-2016 et, en fin d'année, les premières élections internes à l'échelle du groupe réunifié organisées.

Cette journée «a été organisée dans un délai contraint» car la date de ce CCE «nous a été annoncée très tardivement», explique Sébastien Gasc, représentant CGT.

Conséquence de la faible mobilisation, le trafic a été très peu perturbé. Selon la SNCF, TGV et trains Intercités ont circulé normalement. En Ile-de-France, le trafic était également habituel, à l'exception du RER B, «légèrement perturbé» avec 4 trains sur 5 aux heures de pointe et 3 sur 4 aux heures creuses.

Le réseau des trains régionaux a été touché mais de façon limitée avec huit TER sur dix en circulation.

- Clivage syndical -

La réunion du CCE, qui a duré une bonne partie de la journée, a «été l'occasion d'exprimer nos craintes» sur la réorganisation du groupe découlant de la réforme, a rapporté M. Gasc (CGT).

L'objectif de cette réforme, qui a pour effet de regrouper les 149.000 salariés de la SNCF et les 1.500 employés de Réseau Ferré de France (RFF), est d'arriver à un nouveau groupe plus concurrentiel et efficace. La nouvelle organisation doit permettre au Réseau et à l'exploitant de mieux travailler ensemble, tout en garantissant leur indépendance dans la perspective de l'ouverture totale à la concurrence.

Mais pour le représentant CGT, qui réclame de «véritables négociations sur la structuration» de la nouvelle SNCF, celle-ci «crée de nouvelles frontières» entre les activités et «1,5 milliard d'euros d'économies seront supportées par les cheminots et les usagers».

CGT-cheminots et SUD-rail ont sans surprise voté contre le projet de mise en oeuvre présenté. L'Unsa et la CFDT se sont abstenus. Ce positionnement des organisations réformistes «semble montrer qu'elles sont visiblement un peu moins convaincues aujourd'hui», estime le délégué CGT.

L'avis du CCE marque «le départ de multiples négociations, le travail commence. On a voulu envoyer le message qu'on ne donne pas de carte blanche à la direction», a justifié Roger Dillenseger (Unsa).

Le CCE s'est déroulé «dans un climat studieux», selon Jean-Marc Ambrosini, directeur général délégué Cohésion et RH de la SNCF. Sa consultation marque «une étape importante dans la constitution du nouveau groupe et de la mise en œuvre de la réforme ferroviaire» car il permet «d'ouvrir sans tarder une série de concertations et négociations», a-t-il expliqué à l'AFP.

Les discussions vont maintenant rapidement s'engager pour notamment harmoniser les accords collectifs signés antérieurement à SNCF et RFF, organiser les élections professionnelles internes, ou encore de discuter des modalités de recrutements et mobilités, a précisé M. Ambrosini. Et le dossier, sans doute le plus sensible, de l'organisation du travail et du temps de travail, devrait débuter «en fin d'année».

Il s'agira de «mettre à plat» l'organisation pour que «chaque heure payée soit une heure productive», expliquait récemment le président du directoire de la SNCF Guillaume Pepy, accusé par la CGT de jeter «de l'huile sur le feu».