«Il nous reste deux jours pour dire adieu à l'héritage de mai 68»

PRESIDENTIELLE Ultime meeting pour Sarkozy à Montpellier ; Royal à Lille...

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Depuis le début de la campagne, les deux finalistes de la présidentielle Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont commis bourdes et erreurs, les dernières en date lors de leur débat de mercredi, tous deux se trompant notamment sur la part du nucléaire dans l'électricité.
Depuis le début de la campagne, les deux finalistes de la présidentielle Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont commis bourdes et erreurs, les dernières en date lors de leur débat de mercredi, tous deux se trompant notamment sur la part du nucléaire dans l'électricité. — Dominique Faget/ Eric Ferferberg AFP/Archives

L’heure des derniers meetings pour les candidats. A Montpellier, Nicolas Sarkozy a lancé : «il nous reste deux jours pour dire adieu à l'héritage de mai 68, deux jours pour renoncer au renoncement». Le candidat UMP a mis l’Etat au cœur de son discours et affirmé qu' «en France, un Etat fort est la condition nécessaire de l'ouverture, de la liberté, de la décentralisation». Fustigeant «l'impuissance publique» en vigueur selon lui «depuis 30 ans», il a assuré, devant environ 15.000 personnes, qu’en «abaissant l'Etat, on a abaissé la politique et laissé monter les corporatismes, les communautés, les tribus et les bandes».

«En France, l'Etat c'est ce qui protège, c'est ce qui unit, c'est ce par quoi la Nation exprime une volonté collective, un projet collectif, ce par quoi elle prépare l'avenir, ce par quoi elle investit», a-t-il insisté. Cette «demande de nation, de République, d'Etat» est, selon Nicolas Sarkozy, le thème majeur de la campagne qui s'achève. «Je veux pouvoir parler de la Nation sans être traité de nationaliste, de la République sans être traité de jacobin. Je veux pouvoir critiquer Mai 68 sans être traité - c'est un comble! - de pétainiste». «Je veux pouvoir parler des problèmes des Français sans être accusé de démagogie. Je veux être le candidat de cette France qui souffre et non celui des appareils et non celui des appareils, celui des notables, celui des élites qui prétendent penser et décider à la place du peuple», a-t-il déclaré, évoquant la mémoire du général de Gaulle.

Renaud à la rescousse en chti

Ségolène Royal a, de son côté à Lille, demandé à tous ses partisans de «se mobiliser» d'ici dimanche. «Je sens votre amitié, votre proximité, votre énergie, je sens tout simplement que nous nous aimons très fort. Dimanche prochain, cette victoire que nous voulons tant, que nous désirons tant pour la France, elle est maintenant à portée de main», a déclaré la candidate, fréquemment interrompue par de bruyants «Ségolène présidente». Celle qui parle d'«une vague qui continue à monter et qui doit monter» a bénéficié du soutien du chanteur Renaud qui a loué «sa fraternité, son humanisme, son humanité», avant d'entonner en chti une chanson du folklore minier.