Suicide chez Renault: un accident du travail

SOPIAL La Caisse primaire d'assurance maladie a reconnu jeudi, que...

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La direction de Renault a présenté vendredi un plan pour éviter la surcharge de travail et de stress dans son centre de conception automobile de Guyancourt (Yvelines) près de Paris, où trois salariés se sont suicidés en quatre mois.
La direction de Renault a présenté vendredi un plan pour éviter la surcharge de travail et de stress dans son centre de conception automobile de Guyancourt (Yvelines) près de Paris, où trois salariés se sont suicidés en quatre mois. — AFP/Archives

La Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Hauts-de-Seine a reconnu comme un accident du travail le premier de la série de trois suicides de salariés du Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines), a-t-on appris jeudi auprès de l'avocate de la veuve de ce salarié.

Antonio B., ingénieur en informatique de 39 ans et père d'un garçon de 11 ans, s'était jeté du 5e étage du bâtiment principal du Technocentre le 20 octobre 2006.

«Etape symbolique»

«Cette reconnaissance d'un lien avec le travail est une étape symbolique importante, sans compter les indemnisations auxquelles cela donne droit», a déclaré Me Rachel Saada en précisant que la veuve du salarié avait reçu le courrier de la CPAM ce jeudi.

«Nous allons maintenant tenter de faire reconnaître la faute inexcusable de Renault, qui avait une obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de son salarié», a-t-elle ajouté.

Renault «prend acte»

«De son côté, Renault «prend acte» de cette décision de la CPAM, a indiqué une porte-parole du constructeur automobile. Le deuxième cas de suicide, celui d'un technicien qui s'est noyé le 22 janvier aux abords du Technocentre, n'a pas été reconnu comme un accident du travail, a indiqué Renault.

Selon une source proche du dossier, cette décision résulte du fait que le corps avait été retrouvé aux limites du site et l'heure du décès n'étant pas précise, il pouvait se situer en dehors des horaires de travail.

«Surmené, mis en cause»

En ce qui concerne Antonio B., «depuis la rentrée il avait atteint un seuil critique: il s'inquiétait pour son avenir, pour ses missions, était surmené et mis en cause régulièrement par un membre de sa hiérarchie», selon Me Saada.

Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, a évoqué mercredi «des tensions objectivement très fortes» pour les ingénieurs du groupe, lors de l'assemblée générale du groupe. estimé, rappelant la mise en place d'un plan de soutien aux personnels de Guyancourt après le dernier suicide, survenu le 16 février.