Les élèves handicapés ont toujours des aides éducateurs mais pas assez

DEBAT Explications sur la passe d'armes autour de la scolarisation...

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C’est le grand moment du débat, pendant lequel Ségolène Royal a laissé exploser sa «colère». Alors que Nicolas Sarkozy propose un droit opposable pour les familles d'enfants handicapés qui ne peuvent pas scolariser leur enfant, la candidate socialiste réagit vertement : «Je suis scandalisée par ce que je viens d'entendre ! C'est moi qui ai créé le plan Handiscol pour accueillir les enfants handicapés... et c'est votre gouvernement qui a supprimé les aides éducateurs et le plan Handiscol, vous le savez parfaitement.»

Alors, quid du plan Handiscol ? A-t-il été supprimé et les aides éducateurs avec ?


Ségolène Royal a effectivement lancé le plan Handiscol en 1999 alors qu’elle était ministre déléguée à l'Enseignement scolaire. Ce plan s'appuyait sur le recrutement de milliers d'«auxiliaires d'intégration» (7.000 selon la candidate), des emplois jeunes chargés d'assister les enfants à l'intérieur même des classes. Mais il s'est heurté à un manque de moyens, puis à l'arrêt des recrutements d'emplois jeunes à partir de 2002.

Selon Marc Douaire, secrétaire national du Sgen-CFDT, syndicat d’enseignants, «ces postes ont été remplacés au fur et à mesure par 6.500 emplois d'auxiliaire de vie scolaire (AVS)» dans le cadre de la loi du 11 février 2005, auxquels il faut ajouter 2.500 emplois vie scolaire (EVS) créés dans le cadre de la loi Borloo pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005. On compte donc plus d’aides éducateurs que sous l’ère Royal. Mais le nombre d’enfants handicapés scolarisés a considérablement augmenté.

9.000 accompagnateurs pour 20.000 élèves


Le ministère de la Santé a rappelé jeudi matin, en réactions aux «contrevérités» de Ségolène Royal, que 160.000 enfants handicapés étaient actuellement scolarisés, contre 90.000 en 2002. Or, sur ces 160.000 élèves, seuls «20.000 bénéficient aujourd'hui d'un accompagnement individualisé» (contre 4.000 en 2003). Marc Douaire remarque par ailleurs que «ce suivi est assuré par les 9.000 AVS et EVS, qui s’occupent de plusieurs élèves en même temps, parfois seulement deux heures par semaines.» «On compte un accompagnant pour 17 élèves», confirme la fédération des Associations pour adultes et jeunes handicapés (Apajh) qui rappelle qu’«entre 10.000 et 15.000 enfants sont sans solution de scolarisation, en école ordinaire ou en établissement spécialisé».