«La veuve aux 7 millions d’euros»

Catherine Fournier

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Il semble que Léone-Noëlle Meyer se soit retrouvée à son insu au cœur du débat entre les deux candidats à la présidentielle, mercredi soir. La veuve de Georges Meyer, l’ex-PDG des Galeries Lafayettes décédé en 1998, serait cette «personne qui a dû être très surprise de recevoir une ristourne de 7 millions d’euros» grâce au bouclier fiscal à 60% instauré par Nicolas Sarkozy et entré en vigueur le 1er janvier 2007. Visiblement surpris par cette attaque de Ségolène Royal, le candidat de l’UMP a rétorqué qu’il ne connaissait pas cette personne et réitéré que ce qu’il allait mettre en place serait «pire» (sic !) puisque le seuil du boulier fiscal allait être abaissé à 50%.

Milieux boursiers

Ségolène Royal a dû lire le «Libération» daté du 28 avril dernier, à l’origine de cette information. Dans un article titré «Un “bouclier fiscal” très généreux», le quotidien raconte comment «une actionnaire des Galeries Lafayette ayant récemment vendu ses parts à la BNP, qui ne savait plus quoi faire de son patrimoine, et l'a réinvesti dans la société Publicis» a perçu 7 millions d’euros au nom du bouclier fiscal. Selon «Libé», «cette femme âgée de 65 ans est déjà surnommée “la veuve” dans les milieux boursiers».

Mécénat

Difficile de ne pas reconnaître dans cette description Léone-Noëlle Meyer, figure connue du monde des affaires et du mécénat. Cette dernière s’est justement retirée du capital du groupe Galeries Lafayette en 2005, BNP Paribas, partenaire historique du groupe, lui rachetant ses titres. Le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres lui a remis la médaille de «Grand Donateur du ministère de la Culture et de la Communication» en avril dernier. Dans son discours, il précise que Léone-Noëlle Meyer est membre du Conseil de surveillance du Groupe Publicis…