Une Ségolène Royal «pugnace» et un Nicolas Sarkozy «zen»

Catherine Fournier

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AFP TV

Certains éditorialistes ou journalistes politiques ont donné leur réaction à chaud mercredi soir, juste après le débat qui a opposé Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy. Filmés par le site Internet du quotidien, les journalistes Bruno Jeudy et Myriam Levy du «Figaro» ne partagent pas tout à fait le même point de vue. Alors que Bruno Jeudy n’est «pas sûr que cette confrontation fasse bouger beaucoup de voix» et qu’elle n’est «pas au niveau du débat de 1974» entre Valéry Giscard d’Estaing, Myriam Levy estime au contraire les électeurs ont assisté à «un vrai clash» entre les candidats, qui fera sûrement date dans l’histoire politique. Tous deux s’accordent néanmoins sur le fait que l’«agressivité» de Ségolène Royal ne sera pas forcément à son avantage, notamment auprès des centristes indécis.

«Le zen et le flou»

L’éditorialiste du quotidien, Alexis Brezet, enfonce le clou en évoquant le «zen» de Nicolas Sarkozy et le «flou» de la candidate socialiste. Si Ségolène Royal a «apporté la preuve qu'elle continuait d'être animée par la détermination», elle «s'est contentée d'évasives généralités («Tout se tient »), d'étonnantes incantations («je le ferai ») ou d'erreurs manifestes (le nucléaire)». Le candidat de l’UMP, «respectueux jusqu’à la suavité», a «incontestablement» l’avantage sur le plan de la stature présidentielle, conclut Alexis Brezet, pour lequel le match est déjà joué.

L’éditorialiste du «Monde», qui livre également une réaction à chaud sur le site Internet du journal du soir, est tout aussi sévère avec Ségolène Royal. Selon Gérard Courtois, celle-ci a rendu le débat «confus» en ne répondant pas aux questions des journalistes. «Mon sentiment, c’est que ça n’était pas une tactique et qu’elle a embrouillé» les choses.

«Légitimité»

«Libération»
donne au contraire la partie gagnante à Ségolène Royal. «Nicolas Sarkozy n’a pas perdu. Mais Ségolène Royal a gagné.» Laurent Joffrin estime que la candidate «l’a emporté sur un point essentiel : la légitimité.» «Pugnace, précise, dure à la repartie en dépit de quelques maladresses et d'un sens abusif de l'exemple simple, elle a souvent bousculé le favori de la compétition» et «démontré ce dont l'opinion a un moment douté : elle est parfaitement capable d'être présidente de la République.»

Jean-Yves Boulic, de «Ouest France»,  juge au contraire que Ségolène Royal a du «retard en matière de crédibilité présidentielle» alors que Nicolas Sarkozy, «fort d'une expérience gouvernementale plus généraliste» est «apparu plus précis et plus solide.»