Des militants UDF : « C'est un vrai libéral, il est démasqué »

©2006 20 minutes

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Oreilles très attentives parmi la dizaine de militants UDF réunis chez la conseillère (UDF) de Paris, Elisabeth de Fresquet. Dans cet appartement cossu du 7e arrondissement, autour d'un buffet campagnard, Royal a transformé l'essai : ceux qui pensaient voter Sar­kozy penchent désormais pour le bulletin blanc, et ceux qui tanguaient vers la gauche ont confirmé leur choix. Au bout de deux minutes, Nicolas Sarkozy avait pourtant placé la balle au centre, mais rapidement, en abordant la question de la dette, la candidate socialiste a gagné des applaudissements.

Son côté à la fois féminin, qui la rend « sympathique », puis ses attaques jugées « viriles » ont modifié la première impression. Ramené à son bilan en matière de sécurité, le candidat de droite est revenu dans le rôle du sortant, une posture dont raffolent les centristes. Le mot « écologie », prononcé pour la première fois par Ségolène Royal, satisfait, mais tous attendent d'entendre parler d'Europe. Le long échange sur le programme économique achève de convaincre les indécis. « Comment il finance ses ­réductions d'impôts ? », se demande-t-on. « Son programme, c'est : vous avez un DESS de sociologie, vous acceptez un emploi de plombier », simule François, le pistolet sur la tempe du chômeur fictif. « C'est un vrai libéral, il est démasqué », lance un convive.

Beaucoup se demandent si « Bayrou est en coulisses » en entendant la candidate socialiste parler de « débureaucratiser l'Etat ». « Il est petit, étriqué », juge François. Emmanuel surenchérit : « J'aimerais voir la tête des Fillon, Guéant, Santini, catastrophés devant leur poste. » Après ce débat, les militants centristes n'attendent plus le choix de leur leader, François Bayrou.

après L'idée d'une participation UDF au gouvernement est « exclue » pour les militants UDF. Ils voient leur parti comme « moteur d'une nouvelle majorité », et non comme allié du futur chef de l'Etat. Leur prochain combat : les législatives.