Le Pen appelle à «l'abstention massive»

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Jean-Marie Le Pen, qui a obtenu 10,44% (3,8 millions de voix) au premier tour de l'élection présidentielle, a appelé mardi ses électeurs à «s'abstenir massivement» lors du second, et à prendre une «revanche» lors des législatives.
 
«J'invite les électeurs qui m'ont fait confiance à n'accorder leur suffrage ni à Mme (Ségolène) Royal, ni à M. (Nicolas) Sarkozy et à s'abstenir massivement», a déclaré le président du Front National lors de son discours du 1er mai, prononcé sous un soleil tapant place de l'Opéra à Paris.

«Chirac en prison»

Le leader frontiste, acclamé en masse par des milliers de sympathisants, a appelé ses électeurs à «se réserver pour le premier tour des élections législatives les 10 et 17 juin prochains», pour y prendre une «légitime revanche». «Nous avons subi un revers de circonstances mais nous n'avons pas été battus», a-t-il ajouté en évoquant son score. Il a expliqué cette contre-performance en assurant qu'«en 2002, nous avions en face de nous deux candidats de gauche, le Premier ministre socialiste sortant (Lionel) Jospin et (le président Jacques) Chirac», hués par la foule, qui a aussitôt scandé «Chirac en prison».

«En 2007, ce fut différent, il y a eu deux candidats de droite» face à lui, a estimé Jean-Marie Le Pen, citant Nicolas Sarkozy en représentant d'une «droite musclée, décomplexée, au moins verbalement», et le candidat UDF François Bayrou (18,57%) que «le système a réussi à installer le débat présidentiel entre ses trois candidats».

Hold-up réalisé par Sarkozy

«Il ne reste en lice que deux candidats, tous deux des représentants officiels des partis et des politiques qui, en 30 ans, ont amené la France au bord du gouffre politique, économique, social, culturel et moral», a lancé le président du FN, soulignant qu’«il serait illusoire et dangereux de voter pour la candidate socialiste pour se venger du hold-up réalisé sur notre programme par Nicolas Sarkozy. Soutenue par l'extrême gauche révolutionnaire, on sait qu'elle veut entre autres régulariser les clandestins», a-t-il poursuivi.

«Mais il serait aussi insensé d'apporter notre suffrage à un candidat qui continue de nous considérer comme des extrémistes et de refuser de permettre par la proportionnelle à nos millions d'électeurs d'être représentés à l'assemblée nationale, qui, comme la gauche, refuse de nous considérer comme des républicains», a-t-il conclu.