Comme un air de déjà-vu

BAROMETRE Le scénario-surprise de 2002 va-t-il se répéter ? Dans la dernière ligne droite avant le premier tour de l'élection...

Alexandre Sulzer

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Le scénario-surprise de 2002 va-t-il se répéter ? Dans la dernière ligne droite avant le premier tour de l'élection présidentielle, notre baromètre RMC-BFM TV-20 Minutes, réalisé par l'institut LH2, montre une érosion des deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Comme il y a cinq ans, leurs courbes accusent un fléchissement progressif au cours des dernières semaines de la campagne. A 27 % des intentions de vote, le premier baisse d'un point par rapport à la semaine dernière et atteint son taux historique le plus faible. Même situation pour la candidate socialiste qui, à 23 %, n'avait jamais pointé aussi bas. Jean-Marie Le Pen, lui, se stabilise à 14 %, après avoir atteint un maximum de 15 % la semaine dernière. « Le phénomène d'usure, de lassitude et l'égalité des temps de parole expliquent cette baisse naturelle des candidats UMP et PS », estime François Miquet-Marty, directeur des études politiques de LH2. Selon lui, l'appel de Michel Rocard demandant une alliance Royal-Bayrou a joué contre son camp. « Il a montré en creux les faiblesses de la candidature Royal et a fait éclater au grand jour les divisions du PS. » Une érosion progressive déjà observée en 2002 et qui avait précédé un affaissement pour Lionel Jospin et un boom pour Jean-Marie Le Pen dans les derniers jours de la campagne. A 18 % d'intentions de vote les 17 et 18 avril 2002, le candidat PS n'avait finalement obtenu que 16,2 % le 21 avril alors que le candidat d'extrême droite, crédité de 12,5 % au cours de la dernière semaine, avait remporté 16,9 % des suffrages.« Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont toutefois en meilleure position que Jacques Chirac et Lionel Jospin, tous deux en dessous de la barre des 20 % en 2002 », tempère François Miquet-Marty. Autre différence notoire : le vote des catégories populaires - qui s'étaient tournées massivement dans les derniers jours vers Jean-Marie Le Pen - est davantage capté par Nicolas Sarkozy. Lequel ne se cache pas de chasser sur les terres de son rival d'extrême droite. Ainsi, seuls 20 % des ouvriers-employés disent vouloir voter pour le candidat du FN contre 23 % des ouvriers il y a cinq ans. Reste que l'incertitude est, elle aussi, plus forte. A moins d'une semaine du vote, 42 % des sondés ne sont pas sûrs de leurs choix, contre seulement 30 % il y a cinq ans. Tout est donc encore possible.

inconnue La grosse inconnue reste le choix des électeurs bayrouistes. Seuls 34 % des sondés qui ont l'intention de voter pour le candidat centriste au premier tour se disent sûrs de leurs choix. Un taux très faible qui permet à Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy d'espérer récupérer des voix en plus.