«Je ne suis pas dans la contestation gratuite»

INTERVIEW Marie-George Buffet, candidate du PCF

Recueilli par Bastien Bonnefous

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Marie-George Buffet, candidate du PCF.

Quelles sont les premières mesures que vous prendrez si vous êtes élue ?

Certaines lois sont prêtes, le régime des intermittents ou la loi-cadre contre les violences faites aux femmes. Dès juillet, une session extraordinaire de l'Assemblée commencera le travail sur la précarité en portant le smic à 1500 € net, et en lançant une grande négociation pour augmenter les salaires. A la rentrée de septembre, on s'occupera de la réforme de la fiscalité pour que l'impôt redevienne un outil de la justice sociale permettant d'aller chercher l'argent inutile pour le rendre utile pour l'école, la recherche, la culture...

Avec quelle équipe ?

Je tendrais la main à tous ceux qui veulent une gauche vraiment à gauche.

La campagne se fait sur des thèmes de droite. Pourquoi, selon vous ?

Parce que la gauche ne s'affirme pas assez. Elle ne doit pas être sur la défensive par rapport à la droite ou l'extrême droite, elle a une vision de la République qu'elle doit défendre. La République n'appartient qu'au peuple, le drapeau tricolore et La Marseillaise sont des symboles de la Révolution française. La gauche doit avoir le courage de dire que l'immigration est une chance pour notre pays. Il faut qu'elle hurle quand on parle de gènes, de « président de souche »... La gauche est basse actuellement parce qu'elle ne porte pas un grand projet de changement.

Une alliance PS-UDF, ça vous tente ?

L'UDF, c'est la droite, et pour moi la gauche et la droite, ce n'est pas pareil. Quand je vois certains appeler de leurs voeux un rapprochement PS-UDF, j'ai envie de dire que le premier tour sera l'occasion de donner un coup de barre à gauche en se portant sur ma candidature.

Pourtant, les milieux populaires votent de plus en plus pour Le Pen…

On a tellement dit à ces hommes et ces femmes qu'il n'y avait pas d'autre politique possible... Quand la droite est au pouvoir, elle cogne. Quand c'est la gauche, leur vie ne change pas vraiment. Si on veut faire reculer Le Pen, il faut démontrer que nous sommes majoritaires à souhaiter une autre politique, et que cette autre politique peut changer vraiment la vie. On me dit souvent : « J'ai envie de voter pour vous, mais il y a les sondages. » Je leur réponds : « Si tous ceux qui espèrent dans la gauche se regroupent sur ma candidature, alors ça fera l'événement. » J'incarne une gauche de combat et de responsabilité, je ne suis pas, pour ma part, dans la contestation gratuite.

Qu’attendez-vous du premier tour ?

Le premier tour, c'est l'occasion de dire : « voilà la politique et les valeurs que je veux que la gauche porte », et le dire, c'est la seule façon de l'obtenir. Si la droite gagne, où mènera la désespérance sociale ? Et si la gauche gagne mais déçoit, c'est un 21 avril multiplié par trois qu'on aura dans cinq ans ! Je dis aux électeurs : au premier tour, votez pour vous, pour vos problèmes, vos idées, vos valeurs...